Planète
Le Rhin n’a plus assez d’eau, le commerce allemand cale
Le fleuve qui irrigue une bonne partie du commerce européen n’est plus navigable sur de larges portions. Entre sécheresse tenace et niveau historiquement…


Le fleuve qui irrigue une bonne partie du commerce européen n’est plus navigable sur de larges portions. Entre sécheresse tenace et niveau historiquement bas, les péniches restent à quai et toute l’économie allemande encaisse.
Sur une bonne partie de son cours allemand, le Rhin n’est tout simplement plus une voie navigable. Le fleuve est tombé à un niveau historiquement bas, sous l’effet d’une sécheresse qui s’éternise depuis des mois. L’été, marqué par une succession de canicules, a enfoncé le clou, un phénomène que le réchauffement climatique rend de plus en plus fréquent. Résultat, le transport de marchandises sur cet axe vital pour le commerce de l’Europe de l’Ouest tourne au ralenti, quand il ne s’arrête pas complètement.
Le point de repère, c’est Kaub, entre Coblence et Mayence. Mardi, la profondeur navigable y dépassait à peine un mètre. À ce niveau, les bateaux chargés ne passent quasiment plus. La plupart des capitaines préfèrent renoncer plutôt que de s’aventurer. Seuls des navires spécialement conçus, ou naviguant presque à vide, parviennent encore à se frayer un chemin. Dans les faits, le Rhin se retrouve coupé en deux. Ses tronçons supérieur et moyen se retrouvent isolés des grands ports du nord, ceux de Duisbourg, près de la frontière néerlandaise, et de Rotterdam aux Pays-Bas.
Les conséquences se font sentir bien loin des berges. Des pans entiers de l’industrie, à commencer par la chimie et la sidérurgie, encaissent le choc. Des groupes comme Thyssenkrupp et BASF ont dû mobiliser des navires adaptés pour continuer à faire circuler leurs produits. Le Rhin concentre près des deux tiers du fret qui passe par les voies navigables intérieures allemandes, même si le transport de marchandises dans le pays ne repose que très marginalement sur l’eau. La pression retombe alors sur la première économie européenne, déjà fragilisée.
Pour limiter les dégâts, le gouvernement a levé en août l’interdiction de circulation des poids lourds le dimanche et les jours fériés, et de nouvelles dérogations ont été annoncées. Un palliatif bien maigre. La cargaison d’un seul navire, surtout quand il transporte des produits pétroliers, exige souvent une longue file de camions. Et la vraie solution tient en un mot. La pluie, seule capable de faire remonter le niveau du fleuve.
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