Économie
Un effort de 54 milliards, des retraités mis à contribution et des mesures que l’exécutif veut pouvoir défaire
Le gouvernement présente jeudi son budget 2027, avec 54 milliards d’euros d’efforts à trouver dont 45 milliards de mesures nouvelles. Retraités…

Le gouvernement présente jeudi son budget 2027, avec 54 milliards d’euros d’efforts à trouver dont 45 milliards de mesures nouvelles. Retraités, collectivités, fonctionnaires et grandes entreprises sont tous appelés à participer à un redressement que l’exécutif assume comme réversible.
C’est un rendez-vous préparé depuis des mois. Le budget 2027 débarque jeudi, porté par une promesse de « redressement » et un chiffre qui donne le ton. 54 milliards d’euros d’effort budgétaire, dont 45 milliards de mesures nouvelles, selon le ministre des Comptes publics David Amiel. Le reste correspond à des dispositifs déjà engagés en 2026. L’objectif affiché consiste à ramener le déficit à 5% du PIB en 2027, alors que l’année précédente s’achèvera sans doute à 5,4%. L’écart à combler est loin d’être anecdotique.
La méthode retenue mise d’abord sur la maîtrise des dépenses. Sébastien Lecornu a prévenu que le budget global de l’État serait gelé. Les hausses attendues pour les Armées, la Justice, l’Intérieur, la Défense, le Logement, la Recherche et l’Écologie devront être absorbées ailleurs. Le ministère du Travail, lui, devra économiser 2,5 milliards d’euros. Les opérateurs et les agences verront également leur enveloppe se réduire. Le point d’indice des fonctionnaires, qui sert au calcul d’une partie des rémunérations, restera bloqué pour économiser 2 milliards. Les aides personnalisées au logement seront gelées, et la prime d’activité, versée à 4,5 millions de personnes, ne suivra pas l’inflation.
Sur la fiscalité, le discours officiel promet l’absence de hausse généralisée d’impôts. Les chiffres communiqués par Bercy racontent pourtant une autre histoire, avec un taux de prélèvements obligatoires qui atteindrait 44,2% du PIB en 2027 contre 43,9% un an plus tôt. Cette progression s’explique par la lutte contre la fraude, censée rapporter un milliard, et par le rabotage de certaines niches fiscales.
L’autre grand chantier concerne les retraités. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, veut diviser presque par deux le déficit de la Sécurité sociale pour le ramener à 12 ou 13 milliards d’euros en 2027. Sur les retraites, l’économie visée grimpe à 5,5 milliards, dont 4,1 milliards obtenus par une désindexation ou sous-indexation des pensions supérieures à 1.260 euros. S’y ajoute une réduction du plafond de l’abattement de 10% sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités, qui passerait de 4.439 à 3.000 euros.
Les collectivités devront elles aussi mettre la main au portefeuille, à hauteur de 5,4 milliards d’euros selon Jean-François Debat, président du Comité des finances locales. Cela passe par une contribution progressive de 2,5 milliards et par une baisse d’environ 2 milliards du fonds de compensation pour la TVA, cette aide que l’État verse aux collectivités.
Du côté des entreprises, le tableau se révèle plus contrasté. La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grands groupes sera reconduite pour une troisième année, mais allégée. Elle avait rapporté 7,5 milliards d’euros en 2026. Ni le crédit d’impôt recherche ni le pacte Dutreil, cet abattement sur les transmissions familiales, ne seront touchés. Le gel des allègements de charges décidé en 2026 devrait être prolongé, avec une piste pour aller plus loin en élargissant l’assiette des rémunérations prise en compte, ce qui rapporterait 3 à 3,5 milliards supplémentaires.
Certains secteurs verront leur facture grimper. Les exploitants d’autoroutes et d’aéroports subiront une taxation alourdie de 800 millions d’euros. Les produits sucrés devraient être taxés au nom de la lutte contre l’obésité. Et le taux de TVA appliqué à Canal+ pourrait bondir de 10% à 20%, une perspective qui inquiète le monde du cinéma, largement financé par l’audiovisuel. Enfin, Sébastien Lecornu espère 2 milliards d’euros d’économies sur les arrêts maladie, en ciblant notamment l’exonération fiscale dont bénéficient certains d’entre eux.
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