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Londres évoque un retour dans l’UE et Bruxelles reste de marbre

Le Premier ministre britannique a laissé entendre que son pays pourrait se rapprocher de l’Union européenne, jusqu’à la réintégrer. Côté Bruxelles, on…

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Londres évoque un retour dans l'UE et Bruxelles reste de marbre

Le Premier ministre britannique a laissé entendre que son pays pourrait se rapprocher de l’Union européenne, jusqu’à la réintégrer. Côté Bruxelles, on salue le changement de ton sans pour autant se précipiter.

Depuis des mois, le climat entre Londres et Bruxelles semblait figé. Voilà qu’un mot surgit et fait bouger les lignes. Le Premier ministre britannique a évoqué un « Breturn », comprenez un retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Interrogé, il a déroulé plusieurs pistes. Rester en l’état. Rejoindre l’union douanière. Intégrer le marché unique. Ou aller jusqu’au bout, c’est-à-dire redevenir membre à part entière.

À Bruxelles, l’écho de ces déclarations n’a pas provoqué de remous. Un responsable européen, qui a choisi de garder l’anonymat, résume la position. « C’est positif et cela traduit un changement de ton attendu depuis longtemps. » Avant de tempérer aussitôt. « Mais nous n’allons pas changer notre approche simplement parce qu’il y a une jolie musique en fond sonore. »

Emmanuel Macron a lancé un « Welcome back ! ». Le sourire qui accompagnait la formule disait aussi beaucoup de l’ironie du moment. Dix ans après un référendum qui a débouché en 2020 sur le Brexit, la sortie n’a pas apporté au Royaume-Uni les bienfaits promis. Pour un diplomate européen, cet épisode démontre au moins une chose. Le projet européen garde son pouvoir d’attraction.

La porte n’est pas fermée, mais elle ne s’ouvrira pas à moitié. La Commission européenne se dit prête à « examiner les options » que Londres « pourrait proposer », selon un de ses porte-paroles. Sauf que le diable se cache dans les détails. Un retour dans l’union douanière ne se négociera pas avec des exemptions. Le marché unique, c’est pareil. « On ne peut pas décider de prendre ce qui nous arrange et pas le reste », a prévenu M. Macron.

Le premier vrai test tient à une date, celle d’un sommet entre les deux parties. Reporté cet été, il pourrait se tenir autour du 20 novembre. En amont, Bruxelles estime que la pression pèse davantage sur Londres. Pas question d’accorder des concessions sans « avancées significatives », particulièrement sur la mobilité des jeunes Européens. S’ajoutent des dossiers tout aussi épineux, les mesures phyto-sanitaires visant les produits britanniques, l’harmonisation du marché du carbone. Sur ces sujets, les discussions traînent depuis plus d’un an sans réelle percée. Et un autre point fâche, le « made in Europe », cette préférence européenne que défend l’Union dans certains secteurs industriels et dont le Royaume-Uni refuse d’être écarté.

L’arrivée d’un nouveau Premier ministre à Londres pourrait toutefois déplacer les curseurs. Une réussite du sommet, s’il est confirmé, peut « servir à rétablir la confiance et à repartir sur de meilleures bases », estime Sébastien Maillard, expert au sein du groupe de réflexion britannique Chatham House. L’idée d’une réadhésion lui paraît en revanche totalement « irréaliste ». « C’est trop gros, trop tôt », résume-t-il.

À Bruxelles, l’enthousiasme n’est pas plus débordant. Le souvenir des années de négociations sur le Brexit reste vif. Et une question revient souvent. La Grande-Bretagne accepterait-elle des conditions moins favorables que celles dont elle jouissait avant de partir ? Beaucoup en doutent. Le pays n’a jamais adopté l’euro ni rejoint Schengen. Sous Margaret Thatcher, il avait même arraché une ristourne sur sa contribution budgétaire, le fameux « rabais britannique ». Alors les regards se tournent ailleurs, vers le Canada. Bruxelles lui a promis un statut de membre associé. Si la promesse débouche sur un partenariat renforcé, il pourrait devenir un « modèle » pour d’autres partenaires, à commencer par le Royaume-Uni. Un sommet Canada-UE est prévu fin octobre à Montréal, un mois avant celui attendu entre Londres et Bruxelles.

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