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Washington serre la vis à Paris et Berlin pour faire baisser le prix du diesel

La France et l’Allemagne sont sommées de puiser dans leurs réserves d’urgence de diesel pour faire retomber les prix mondiaux du carburant. En cas de…

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Washington serre la vis à Paris et Berlin pour faire baisser le prix du diesel

La France et l’Allemagne sont sommées de puiser dans leurs réserves d’urgence de diesel pour faire retomber les prix mondiaux du carburant. En cas de refus, les États-Unis menacent de priver les deux pays de leurs exportations.

L’administration américaine ne se contente plus de demander. Elle exige. La France et l’Allemagne ont été invitées à libérer une partie de leurs stocks d’urgence de diesel, avec un objectif affiché, faire baisser les prix du carburant à l’échelle de la planète. Et la menace est posée noir sur blanc. Si Paris et Berlin ne s’exécutent pas, Washington pourrait couper ses exportations vers ces deux pays.

Le rapport de force n’a rien d’anodin. Depuis l’interdiction des importations de carburants russes, décidée après l’invasion de l’Ukraine en février 2022, l’Europe s’est enfoncée dans une dépendance grandissante aux produits raffinés venus des États-Unis. Dans le même temps, la guerre lancée par Washington et Israël contre l’Iran le 28 février bouscule les approvisionnements en provenance du Moyen-Orient. Les deux principales sources se tendent donc en même temps, ce qui laisse le Vieux Continent à découvert.

La flambée du pétrole ne reste pas cantonnée aux salles de marché. Elle a déjà provoqué des mouvements de protestation dans de nombreux pays. Aux États-Unis, la facture à la pompe nourrit le mécontentement contre Donald Trump, dont la popularité est tombée à des niveaux records. À quelques mois des élections de mi-mandat, prévues début novembre, ce climat pèse lourdement sur les chances des républicains de conserver leur majorité au Congrès.

Washington durcit donc le ton, même si Donald Trump a déjà évoqué publiquement la possibilité d’une interdiction d’exportation de diesel. Les États-Unis reprochent surtout à la France et à l’Allemagne de ne pas avoir pleinement tenu leurs engagements passés. Les deux pays devaient écouler sur le marché une partie de leurs réserves d’urgence de pétrole et de produits pétroliers. Ils ne l’auraient pas fait à la hauteur de ce qui avait été promis.

La demande ne vise d’ailleurs pas seulement Paris et Berlin. L’Union européenne s’est vu réclamer la mise sur le marché de 120 millions de barils de diesel sur les six mois à venir. Côté américain, on résume la logique sans détour. Il est dans l’intérêt de l’Europe de collaborer avec les États-Unis, alors que plusieurs pistes sont explorées pour renforcer l’approvisionnement en produits raffinés et alléger la facture des consommateurs.

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