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En Bolivie, le patron du parquet arrêté pour ses liens présumés avec le narcotrafic

Le gouvernement bolivien affirme avoir démantelé un réseau criminel qui avait infiltré le sommet de la justice du pays. Le procureur général Roger Mariaca…

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En Bolivie, le patron du parquet arrêté pour ses liens présumés avec le narcotrafic

Le gouvernement bolivien affirme avoir démantelé un réseau criminel qui avait infiltré le sommet de la justice du pays. Le procureur général Roger Mariaca a été interpellé, accusé d’avoir protégé le narcotrafic au prix, selon Washington, de pots-de-vin.

Le pouvoir bolivien a porté un coup très dur à son propre appareil judiciaire. Roger Mariaca, qui dirigeait le parquet général, a été interpellé à l’aéroport de Viru Viru, dans la ville de Santa Cruz, à l’est du pays. Alberto Zevallos, à la tête du parquet de ce département, a été arrêté dans la même opération. Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir trempé dans une organisation criminelle, du blanchiment d’argent et du trafic illicite de stupéfiants. Le ministre de l’Intérieur, Marco Antonio Oviedo, l’a dit sans détour. À ses yeux, le parquet général était devenu une structure destinée à favoriser et à protéger le narcoterrorisme.

Les circonstances de l’arrestation ajoutent au trouble. Pendant la nuit, quatre personnes ont voulu sortir de l’argent liquide du domicile de Roger Mariaca, à bord d’une ambulance. Le montant n’a pas été précisé. Des images montrent des policiers retirant des liasses dissimulées dans des compartiments du véhicule. Au final, quatre procureurs, six employés du parquet et les quatre occupants de l’ambulance ont été appréhendés. Les magistrats sont détenus et seront présentés à la justice ordinaire. En attendant, Luis Montaño Morales, le procureur supérieur le plus ancien de l’institution, prend l’intérim. L’avocat de Mariaca, Romel Ipamo, assure que son client collaborera pleinement, demandant simplement que la procédure régulière soit respectée.

Tout est parti de Washington. Roger Mariaca et Alberto Zevallos figurent depuis peu sur une liste noire du département d’État américain, aux côtés de juges, de fonctionnaires et d’entrepreneurs de Bolivie, de Colombie, du Pérou et d’Équateur, épinglés pour corruption, liens avec le narcotrafic ou complot contre leurs gouvernements. Les autorités américaines reprochent à Mariaca d’avoir touché des pots-de-vin pour faciliter le narcotrafic et aider des criminels violents à échapper à la justice. Le principal intéressé a dénoncé une ingérence et une pression politique, qu’il relie à ses propres enquêtes.

Sur le terrain, les perquisitions se sont multipliées. Les bureaux du parquet de Sucre, la capitale constitutionnelle, ont été visités, tout comme ceux de Santa Cruz et de La Paz. Claudia Pardo, responsable de la communication du parquet, a qualifié l’intervention d’illégale avant d’annoncer son arrestation et celle de plusieurs collègues, entrés selon elle sans mandat. Le ministre de l’Intérieur soutient pour sa part que l’opération a été menée avec la coopération du gouvernement américain, par l’intermédiaire de ses agences engagées dans la lutte contre le terrorisme.

Ce dossier s’inscrit dans un contexte plus vaste. Le parquet avait aussi permis la capture du narcotrafiquant uruguayen Sebastian Marset, expulsé vers les États-Unis avec l’appui de la DEA. Une vidéo diffusée ensuite le montre, le jour de son arrestation, aux côtés de policiers d’élite à son domicile, affirmant que Mariaca est son ami. Son authenticité n’a pas pu être confirmée. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, Washington cherche à réaffirmer sa primauté en Amérique latine et dans les Caraïbes, et à y contrer l’influence de la Chine, de la Russie et de l’Iran.

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