Politique
Édouard Philippe sort enfin sa réforme des retraites
Le candidat Horizons veut porter progressivement la durée de cotisation à 45 ans et repousser l’âge de départ à 65 ans. Un Français sur trois pourra…


Le candidat Horizons veut porter progressivement la durée de cotisation à 45 ans et repousser l’âge de départ à 65 ans. Un Français sur trois pourra toutefois s’en extraire et partir entre 60 et 64 ans.
Édouard Philippe a dégainé l’arme qui l’attendait au tournant depuis des années. Dans une vidéo d’une vingtaine de minutes, le maire du Havre et candidat d’Horizons à la présidentielle a posé les bases de son projet pour les retraites. Son idée? Allonger progressivement la durée de cotisation à 45 ans et repousser l’âge de départ à 65 ans, pour ceux qui le peuvent.
Il assume un calendrier serré. La réforme de 2023, aujourd’hui suspendue, fixait l’âge légal à 64 ans au lieu des 62 ans et 9 mois en vigueur, et la durée de cotisation à 43 ans au lieu de 42,5. Édouard Philippe veut reprendre ce texte, puis aller plus loin pour atteindre les 65 ans et les 45 annuités en moins de dix ans. Une façon de ne pas laisser la question s’enliser, alors que ce dossier lui colle à la peau. Il est présenté comme l’homme de la « retraite à 67 ans » depuis un entretien de 2021 où il évoquait un relèvement à « 65, 66, 67 ans ».
Le candidat sait que le sujet ne fait pas rêver. Il le reconnaît lui-même. Dire qu’il faut travailler plus longtemps « n’est pas très populaire en France », admet-il, avant de promettre vouloir « protéger les Français ». Sa réforme se veut « responsable pour tous et juste pour chacun ». Pour tenir compte des vies réelles, il promet des exceptions. Un Français sur trois pourra partir avant 65 ans, entre 60 et 64 ans, notamment celles et ceux qui ont commencé à travailler très jeunes, qui exercent des métiers pénibles ou dont le corps ne suit plus. L’âge de départ restera aussi inchangé pour les personnes en mauvaise santé, à 55 ans en situation de handicap, 60 ans avec incapacité permanente et 62 ans en invalidité. Les dispositifs de carrière longue continueront de permettre des départs anticipés.
Il veut aussi rebattre les cartes de la gouvernance. Une fois le système remis à l’équilibre, sa gestion serait confiée entièrement aux partenaires sociaux, chargés du quotidien grâce à une règle d’or d’équilibre. Syndicats et patronat auront, dit-il, toute leur place pour définir cet équilibre. À la répartition, socle du système, s’ajouterait un volet capitalisation. L’objectif affiché consiste à associer tous les salariés à la valorisation du capital, et à réconcilier le travail et le capital. Il souhaite que chaque Français dispose d’un plan d’épargne-retraite, qu’il veut rendre parmi les placements les plus attractifs du marché.
Le timing n’a rien d’anodin. L’annonce tombe au moment où le gouvernement s’apprête à dévoiler son budget et où le prix des carburants grimpe. Surtout, les candidats du bloc central, Édouard Philippe et Gabriel Attal, manquent de dynamique dans les sondages. Le maire du Havre garde néanmoins l’avantage sur le patron de Renaissance. Une étude Harris le plaçait récemment, et pour la première fois, loin derrière Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon qualifié pour le second tour aux dépens du candidat Horizons.
Édouard Philippe en profite pour tacler en creux le projet de Gabriel Attal, sans âge légal de départ, qu’il juge « financièrement intenable et surtout socialement incroyablement injuste ». Lui se pose en homme pressé. « Il faut qu’on prenne les bonnes décisions avant que la crise (financière) arrive », plaide-t-il. Une manière de dire que le temps presse, et que le débat sur les retraites ne fait que commencer.
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JY2M
29 septembre 2026 at 15 h 40 min
Il semblerait qu’Édouard Philippe veuille faire croire qu’il n’y aura comme choix que de subir le RN ou, s’il est élu, de subir une casse sociale. En effet son âge de départ à la retraite à 65 ans serait peut-être acceptable, même s’il paraît élevé à certains, s’il était un « maximum à ne pas dépasser » et s’il n’y avait pas aussi l’augmentation du nombre d’années de cotisation qu’il envisage de porter à 45 années. Car concrètement pour un diplômé Bac+5 terminant par exemple ses études à 23 ans et commençant alors à travailler, il lui faudrait attendre 68 ans pour prendre sa retraite. Si ses études lui ont permis d’avoir un emploi pas trop mal payé par exemple 3 000 euros bruts (environ 2.200 nets après impôts) il pourra peut-être prendre sa retraite à 65 ans en perdant alors environ 300 euros sur sa pension de base mensuelle et une certaine somme sur sa complémentaire mais si, comme c’est malheureusement le cas pour beaucoup, les études n’ont pas permis de trouver un emploi correctement payé, nul doute que l’âge de 68 ans sera alors quasiment obligatoire. Quant à la dose de capitalisation qu’Édouard Philippe envisage qui nécessiterait en plus des cotisations vieillesse de payer une somme supplémentaire tous les mois pendant sa vie active il faut savoir que la petite rente (par exemple 150 euros ) qu’elle apporterait ne servirait qu’à compenser partiellement les diminutions à répétition des pensions de la retraite par répartition qui vont se produire dans les prochaines années. Et il faut aussi savoir que la majorité absolue, si par exemple Édouard Philippe l’obtenait après avoir été élu, permet de faire absolument ce que l’on veut, même de prendre des mesures excessives dans divers domaines, et que la seule réaction possible consiste à manifester mais que le désordre que cela créerait si cela durait des mois ne serait peut-être pas souhaitable. Donc à mon avis de la même manière qu’il ne faudrait pas que le RN obtienne une majorité si sa candidate était élue il faudrait qu’Édouard Philippe, si c’était lui qui l’était, n’obtienne une majorité que relative ce qui permettrait de limiter les abus. Quant à une possible victoire d’un modéré de gauche il n’y aurait pas alors de risque de casse sociale mais si, comme je le pense la solution de la taxe Zucman s’avérait être insuffisante, un risque de mise sous tutelle à relativement court terme comme ce serait sans doute aussi le cas si le RN arrivait au pouvoir.