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À Ceuta, des centaines d’enfants migrants dorment à la rue, livrés à tous les dangers

Des centaines d’enfants migrants se retrouvent seuls dans les rues de Ceuta, exposés aux violences et aux trafics. Les autorités espagnoles tentent de…

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À Ceuta, des centaines d'enfants migrants dorment à la rue, livrés à tous les dangers

Des centaines d’enfants migrants se retrouvent seuls dans les rues de Ceuta, exposés aux violences et aux trafics. Les autorités espagnoles tentent de trouver une solution d’urgence.

Ils ont 10 ans, parfois moins, et ils dorment sur le bitume ou sur le sable. À Ceuta, l’enclave espagnole du Maroc, des centaines d’enfants migrants non accompagnés sont livrés à eux-mêmes après la vague d’arrivées de la fin juillet. Sur les quelque 72.000 personnes entrées illégalement en quelques jours, la quasi-totalité est repartie vers le Maroc. Mais environ 2.000 sont restées, dont plus de 1.000 mineurs, selon le ministère de l’Intérieur. Les autorités peinent à prendre en charge ces enfants, qui ne peuvent pas être expulsés. Les associations crient à l’urgence. Pour Jose Miguel Morales, président de l’association Sur Acoge, chaque jour sans solution sûre expose ces enfants, surtout les filles, à toutes sortes de violences et d’exploitation. Save the Children demande que tous les mineurs soient rapidement localisés et enregistrés.

Sur les plages de Ceuta, des groupes de jeunes migrants, pour la plupart originaires d’Afrique subsaharienne, tentent de survivre. Certains jouent au ballon, d’autres prient sur le sable. Beaucoup dorment en plein soleil, le visage protégé par un tee-shirt ou un sac plastique, un sac à dos en guise d’oreiller. L’eau potable, la nourriture, les abris et les sanitaires manquent cruellement. Les centres d’accueil de l’enclave sont saturés, avec seulement 90 places pour environ 1.100 enfants à prendre en charge. Luna Blanca, une ONG locale, dit avoir distribué entre 3.500 et 4.000 repas depuis le début de la crise. Reda Saed, un Égyptien arrivé dans l’enclave, raconte que les trois premiers jours ont été extrêmement durs, sans nourriture ni eau. Depuis, la situation s’améliore un peu, mais reste très précaire.

Le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez a débloqué 25 millions d’euros pour venir en aide à ces enfants. Les autorités de Ceuta affirment travailler d’arrache-pied à l’ouverture de structures d’urgence dans des écoles et des entrepôts. Le vice-président de l’enclave reconnaît que les capacités sont complètement dépassées et parle d’une situation insoutenable. Mais la solidarité nationale ne suit pas. La loi prévoit que les autres régions espagnoles accueillent une partie de ces mineurs, mais plusieurs territoires dirigés par la droite et l’extrême droite refusent. Des responsables de Vox en Andalousie et en Estrémadure ont déjà fait savoir qu’ils s’opposeraient à ces transferts.

Pendant ce temps, le bilan humain s’alourdit. Au moins 78 personnes sont mortes, principalement noyées, lors de cette tentative de rejoindre l’Europe, selon la préfecture de Ceuta. Les autorités marocaines font état de 11 décès de leur côté. Beaucoup de migrants disent avoir franchi la frontière pour échapper à la pauvreté, croyant à des rumeurs sur les réseaux sociaux annonçant son ouverture. Ahmad, originaire du Yémen, résume leur espoir en quelques mots. « Nous voulons rejoindre l’Europe et réaliser nos rêves et ceux de nos familles. » Mais pour les enfants restés à Ceuta, le rêve s’est transformé en errance, entre absence de prise en charge et risques quotidiens.

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