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Zambie, le président sortant face à la colère des oubliés de la croissance
L’économie redémarre et la dette est restructurée, mais les Zambiens attendent toujours les retombées. Un scrutin sous tension oppose Hakainde Hichilema à…


L’économie redémarre et la dette est restructurée, mais les Zambiens attendent toujours les retombées. Un scrutin sous tension oppose Hakainde Hichilema à une coalition d’opposition unie.
Jeudi, les Zambiens votent pour leur président. Le sortant Hakainde Hichilema, surnommé HH, espère transformer l’essai après un premier mandat marqué par le redressement économique. Il a rétabli un programme avec le FMI, obtenu une restructuration historique de la dette et relancé la croissance. Les marchés et les investisseurs lui font confiance. Mais dans les foyers, la musique n’est pas la même. Les prix des denrées alimentaires grimpent, le chômage reste élevé et la pauvreté ne recule pas. Près des trois quarts des 22 millions de Zambiens vivent avec moins de trois dollars par jour.
Le président sortant fait face à Brian Mundubile, ancien ministre de 55 ans et allié de l’ex-président Edgar Lungu. Ce rival a réussi l’improbable, il a fédéré une coalition de partis qui s’opposaient hier encore. Quatorze candidats sont en lice, mais les observateurs prévoient un duel. L’opposition s’appuie sur la déception de ceux qui ne voient pas les effets des réformes. Un étudiant en médecine résume ce sentiment, l’économie va bien sur le papier, dit-il, mais la réalité quotidienne ne suit pas.
La Zambie est pourtant un géant du cuivre, deuxième producteur d’Afrique et huitième mondial. Ce métal est essentiel pour les réseaux électriques, les centres de données et les véhicules électriques. Le pays regorge aussi de cobalt, de nickel et de manganèse. Il est enclavé au cœur de l’Afrique australe et reste historiquement proche de Pékin. Mais toutes ces richesses n’ont pas empêché la paupérisation. L’ancien président Edgar Lungu, mort en 2025, avait laissé un État en défaut de paiement après des années d’emprunts massifs. Hichilema est arrivé au pouvoir en 2021, à sa sixième tentative. Depuis, le pays est redevenu crédible aux yeux des bailleurs de fonds. Sauf que la population n’a pas encore profité de ce réveil économique.
Le scrutin va aussi se jouer sur la jeunesse. Près de la moitié des 8,7 millions d’électeurs inscrits ont entre 18 et 35 ans. Les plus jeunes n’ont connu que le gouvernement Hichilema. Les plus âgés comparent avec l’ère Lungu. Tout dépendra de ce choix entre continuité et changement, explique un chercheur. La campagne, elle, a été violente. La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour séparer des partisans rivaux. Le camp Mundubile dénonce des restrictions à ses meetings. Des défenseurs des droits humains accusent le pouvoir de verrouiller l’espace politique, ce que le gouvernement conteste fermement.
Ce vote est un test pour la démocratie zambienne, longtemps présentée comme l’une des plus stables de la région. Les électeurs choisissent aussi leurs députés. Les circonscriptions sont passées de 156 à 226. Les résultats de la présidentielle sont prévus pour le 17 août. Si aucun candidat ne dépasse la barre des 50%, un deuxième tour opposerait les deux favoris.
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