Politique
Ingérences étrangères le compte à rebours est lancé pour 2027
Les précédents scrutins locaux ont servi de test pour des manipulations numériques venues de l’étranger. Le Premier ministre alerte sur des risques bien…


Les précédents scrutins locaux ont servi de test pour des manipulations numériques venues de l’étranger. Le Premier ministre alerte sur des risques bien plus lourds pour la prochaine présidentielle et propose des réponses judiciaires inédites.
Les élections municipales ont été un avertissement. Sans faire de dégâts majeurs, des opérations d’ingérence venues d’Israël ont visé des candidats de La France insoumise et d’autres formations. Ces attaques sont restées limitées en volume mais elles ont ouvert la voie à ce qui pourrait arriver en 2027. Pour le chef du gouvernement, ces précédents laissent entrevoir des menaces beaucoup plus sérieuses lors de la prochaine présidentielle. Et toute la classe politique est concernée, pas seulement un camp. Le message est clair il faut agir avant qu’il ne soit trop tard.
Pour contrer ces risques, plusieurs pistes concrètes ont été esquissées. Le Premier ministre propose par exemple la création de nouveaux référés, des procédures d’urgence qui permettraient de saisir la justice en plein cœur d’une campagne électorale. Il veut aussi durcir les peines, jugées trop légères pour dissuader les opérateurs d’ingérence. Un projet de loi est attendu, peut-être dès l’automne. Ces mesures visent à protéger le débat démocratique, alors que des tentatives de manipulation se multiplient. En 2024, année d’élections européennes et législatives, Viginum, le service de lutte contre les manipulations en ligne, a détecté 25 tentatives d’ingérences numériques étrangères. Heureusement, elles sont restées peu visibles et sans grand impact.
La question de la propagande prorusse agite aussi les débats. Une chroniqueuse, ancienne patronne de RT France, intervient régulièrement dans les médias d’un grand groupe conservateur. Des eurodéputés réclament des sanctions contre elle. Le Premier ministre fait la distinction entre propagande et ingérence. Il évoque néanmoins une ligne rouge la prolongation de son titre de séjour ne doit pas porter atteinte aux intérêts fondamentaux du pays. Il souhaite aussi qu’une contradiction publique puisse lui être apportée quand elle s’exprime. De son côté, La France insoumise demande plus de transparence et propose la création d’une instance de surveillance de la campagne présidentielle. L’ambassadeur d’Israël en France est également pointé du doigt pour avoir déclaré souhaiter la défaite de Jean-Luc Mélenchon en 2027.
La frontière est fine entre la lutte contre les ingérences et la liberté d’expression. Le Premier ministre le reconnaît interdire tous ceux qui font de la propagande avec des idées contraires reviendrait à interdire beaucoup de monde. L’important est d’informer, puis à chacun d’exercer son esprit critique. Une eurodéputée spécialiste de ces questions accuse d’ailleurs l’extrême droite d’être dans le déni sur le sujet, en se focalisant uniquement sur la liberté d’expression. Pour illustrer l’ampleur du phénomène, un ministre délégué rappelle qu’en Moldavie, lors de la présidentielle de 2024, 10% des voix ont été achetées via Telegram avec des cryptomonnaies. Une opération qui a coûté à la Russie l’équivalent d’une seule journée de guerre en Ukraine. De quoi prendre la menace très au sérieux.
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