Monde
Trump renonce aux bombes et parie sur la négociation avec l’Iran
Le président américain suspend ses bombardements contre la République islamique et annonce une reprise des discussions. Un accord sur le détroit d’Ormuz…


Le président américain suspend ses bombardements contre la République islamique et annonce une reprise des discussions. Un accord sur le détroit d’Ormuz pourrait débloquer une crise qui affole les marchés pétroliers.
Trump change de braquet. Après avoir menacé Téhéran d’une attaque majeure, il a choisi de mettre les frappes en pause et de relancer le dialogue. Les discussions devaient démarrer dès le lendemain après-midi, sans plus de précisions. « Bien sûr qu’ils ne veulent pas être attaqués, ils connaissaient l’ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme », a-t-il déclaré. De son côté, la République islamique n’a pas confirmé la tenue de ces échanges, pas plus que les pays médiateurs. Un protocole d’accord signé à la mi-juin n’a toujours pas produit de percée, alors que le conflit dure depuis plus de cinq mois et continue de secouer l’économie mondiale.
Au cœur des discussions, le détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique pour le commerce mondial du pétrole est de nouveau verrouillé par l’Iran depuis la reprise des combats avec les États-Unis au début de juillet. Téhéran n’accepte qu’un seul itinéraire, le long de ses côtes, et veut garder le contrôle de cette zone. La mise en place d’une route omanaise avait provoqué la colère des autorités iraniennes en juin, mais un compromis semble se dessiner. Le porte-parole de la diplomatie iranienne a annoncé être sur le point de trouver un accord avec Oman sur un tracé acceptable pour les deux parties, dans le respect des souverainetés. Les marchés ont immédiatement réagi. Le baril de Brent a perdu près de 5% à l’ouverture, autour de 84 dollars, après être monté brièvement au-dessus de 100 dollars fin juillet.
La tension reste pourtant palpable. Une explosion près d’un pétrolier a été signalée dans le détroit dans la nuit de dimanche à lundi par l’agence de sécurité maritime britannique. Preuve que la trêve est fragile. Depuis le début du conflit, déclenché fin février, le président américain a oscillé entre menaces de bombardements massifs et volte-face. Il a conditionné l’arrêt des frappes à la conclusion rapide d’un accord, en particulier sur Ormuz. Washington envisageait encore de nouveaux bombardements contre des raffineries et des centrales électriques, avec la participation d’Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.
Trump dit avoir renoncé à cette attaque à la demande de plusieurs pays de la région, qui pensent qu’un accord est possible. Il cite l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et l’Iran lui-même. Le prince héritier saoudien l’a d’ailleurs appelé à privilégier le dialogue pour faire baisser la tension. Le président américain voit plus loin. Un accord sur Ormuz pourrait ouvrir la voie à un accord sur le nucléaire iranien, qu’il présente comme une dénucléarisation du pays.
Mais la guerre s’est étendue sur un nouveau front. En mer Rouge, les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, affirment imposer un blocus aux ports saoudiens. Ils ont revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume. Dans ce contexte, l’annonce de la reprise des négociations offre une lueur d’espoir, mais rien n’est encore joué.
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