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Sur les pistes noircies, la traque des causes d’incendie

Des experts passent au crible les forêts brûlées pour comprendre l’origine des feux. Leur travail minutieux révèle que neuf fois sur dix, la main de…

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Sur les pistes noircies, la traque des causes d'incendie

Des experts passent au crible les forêts brûlées pour comprendre l’origine des feux. Leur travail minutieux révèle que neuf fois sur dix, la main de l’homme est en cause.

Dans le Var, au pied d’un massif calciné, des enquêteurs arpentent le sol noirci depuis une semaine. Certains scrutent les écorcs brûlés, d’autres la cendre grise, à la recherche du moindre indice. Le feu a ravagé 4 500 hectares de bois et de garrigue, menaçant des villages médiévaux. Mais derrière ce désastre, une question demeure: comment tout a commencé? Pour y répondre, une cellule spécialisée regroupe pompiers, gendarmes et forestiers. Leur méthode consiste à remonter jusqu’au point d’éclosion, en réduisant peu à peu la zone suspecte. Ils marquent les traces de fumée, les zones de recul, et plantent des fanions pour signaler un indice. La collaboration est essentielle. Le pompier connaît le comportement du feu, le forestier la végétation, et l’enquêteur sait prélever les traces.

Les causes sont multiples mais une certitude émerge. Neuf incendies sur dix sont d’origine humaine, rappelle un capitaine des pompiers. La foudre, seule cause naturelle en métropole, n’explique qu’un feu sur dix. Et parmi les départs humains, entre 30 et 40 % sont intentionnels. Depuis fin juin, plus de 260 personnes ont été interpellées en France pour des départs d’incendie, dont une centaine de mineurs. Dans le Var, un jeune homme de 23 ans a été mis en examen et incarcéré, soupçonné d’avoir allumé une dizaine de feux. Mais attention, prévient un adjudant-chef: la majorité des incendies restent accidentels. Un paysan qui déchaume son champ, un disque qui frappe un piquet, une étincelle sur un volet métallique… Tout peut déclencher un brasier.

La tâche des experts est délicate. Sur une zone de départ, ils ont retrouvé un mégot. Mais était-il déjà là avant le feu? Les analyses le diront. Parfois, il faut des jours pour écarter les hypothèses une à une. Accélérateur, bouteille d’eau abandonnée, mégot, tout est passé au crible. Et avec des températures frôlant les 45 degrés et une humidité très basse, la moindre étincelle suffit. Le changement climatique aggrave la donne. Avant, la saison des feux se limitait à l’été. Aujourd’hui, elle commence dès le printemps et s’étend presque toute l’année. Les enquêteurs le disent: il faudra être plus vigilant à l’avenir. Car derrière chaque incendie, il y a une histoire, parfois une négligence, parfois une intention. Mais toujours, un travail de fourmi pour retrouver la vérité dans les cendres.

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