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L’agresseur de Salman Rushdie reconnu coupable de terrorisme fédéral

Il risque la prison à vie. Un jury américain l’a jugé coupable d’acte de terrorisme pour son attaque contre l’écrivain en 2022.

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L'agresseur de Salman Rushdie reconnu coupable de terrorisme fédéral

Il risque la prison à vie. Un jury américain l’a jugé coupable d’acte de terrorisme pour son attaque contre l’écrivain en 2022.

Hadi Matar, 28 ans, vient d’ajouter une nouvelle condamnation à son casier judiciaire. Après avoir écopé de 25 ans de prison par l’État de New York en mai 2025 pour la tentative de meurtre sur Salman Rushdie, il est désormais reconnu coupable au niveau fédéral. Les charges sont lourdes. Il a été jugé pour avoir tenté d’apporter un soutien matériel au Hezbollah, classé comme organisation terroriste, et pour avoir commis un acte de terrorisme qui dépasse les frontières nationales. La date de la peine fédérale est fixée au 3 novembre. Il encourt la prison à vie.

Ce verdict repose sur les liens de Matar avec l’Iran et le Hezbollah. L’accusation a démontré que son geste était guidé par la fatwa lancée en 1989 par l’ayatollah Khomeini contre Salman Rushdie, auteur des « Versets sataniques ». Pendant plus d’un an avant l’attaque, il s’est plongé dans l’idéologie violente du Hezbollah. Il a effectué des recherches, réalisé des vidéos sur la fatwa, et conservait chez lui des photos et du matériel du mouvement. Il utilisait même un faux permis de conduire au nom d’une figure du Hezbollah. Pour les procureurs, Matar a choisi d’aligner ses valeurs sur celles des dirigeants iraniens.

La défense, de son côté, conteste. L’avocat de Matar a annoncé son intention de faire appel. Il soutient que son client n’a jamais agi au nom d’une organisation terroriste, même s’il était animé par une colère contre l’écrivain pour le caractère prétendument blasphématoire de son livre. Salman Rushdie, 79 ans, a témoigné pendant près d’une heure. Il a raconté l’agression du 12 août 2022 à Chautauqua, alors qu’il s’apprêtait à parler de liberté d’expression. Il a failli y perdre la vie et a perdu l’usage d’un œil. Interrogé sur la fatwa, il a répondu qu’il n’avait aucune certitude mais qu’il avait ses soupçons. L’écrivain, qui a vécu caché pendant des années, a repris une vie publique aux États-Unis. En 2024, il a publié « Le Couteau », un livre sur cette attaque où il imagine des conversations avec son agresseur, qu’il surnomme « l’Imbécile qui s’est imaginé des choses sur mon compte ». Une façon, dit-il, de reprendre le contrôle du récit.

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