Faits Divers
Jeune femme meurt après une injection esthétique clandestine à Nice
Un simple soin de beauté s’est transformé en drame. Lundi, une cliente de 25 ans a perdu la vie dans un institut niçois après une injection de botox et de…

Un simple soin de beauté s’est transformé en drame. Lundi, une cliente de 25 ans a perdu la vie dans un institut niçois après une injection de botox et de lidocaïne, sans aucun cadre médical.
La jeune femme s’était rendue dans un petit salon de l’ouest de Nice pour des injections aux fesses. Juste après une première piqûre de lidocaïne, un anesthésiant, elle a fait un malaise. Les secours n’ont pas réussi à la ranimer. Ce qui devait être une séance esthétique s’est achevé dans la rue, avec l’arrivée des policiers et des urgentistes.
Derrière ce drame, une organisation bien rodée mais totalement illégale. La gérante du salon, 28 ans, louait son local à des intervenants extérieurs, souvent payés en liquide. Elle ne proposait elle-même que des soins du visage ou du blanchiment dentaire. Mais ce jour-là, c’est une autre femme, une vacancière de 36 ans installée en région parisienne, qui a réalisé l’injection. Cette dernière n’avait aucune formation médicale. Elle officiait par bouche-à-oreille depuis 2022. Le mari de l’injectrice a tenté de faire disparaître des preuves en emportant des produits après le drame. Il les a finalement remis aux enquêteurs. Tous les trois ont été mis en examen pour homicide involontaire, mise en danger d’autrui et exercice illégal de la médecine. Les deux femmes sont placées en détention provisoire, l’homme sous contrôle judiciaire.
Lors de la perquisition du salon, les forces de l’ordre ont saisi 1 500 euros en liquide et une quantité impressionnante de matériel : seringues, médicaments et produits injectables venus d’Asie. Pour le procureur Damien Martinelli, cette affaire illustre un phénomène en pleine expansion. En juin déjà, sa juridiction avait jugé deux dossiers similaires, aboutissant à des peines de prison avec sursis. Le Dr Éric Essayagh, médecin esthétique niçois, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, plus de 40% des injections esthétiques en France échappent aujourd’hui à tout contrôle médical. Il parle d’une urgence de santé publique. La preuve, rappelle-t-il, un autre décès a eu lieu en mars à Villeurbanne, là encore après une injection dans les fesses réalisée dans un appartement. Les victimes cherchent une beauté rapide et bon marché, sans savoir qu’elles mettent leur vie en jeu.
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