Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Sous les cocotiers, des soldats s’entraînent à sauver des îles

L’armée française organise une simulation de cyclone géant en Polynésie. Objectif tester les secours et rappeler que Paris reste un acteur clé dans le…

Article

le

Sous les cocotiers, des soldats s'entraînent à sauver des îles

L’armée française organise une simulation de cyclone géant en Polynésie. Objectif tester les secours et rappeler que Paris reste un acteur clé dans le Pacifique.

Ce matin-là, sur l’atoll de Makemo, des collégiens jouent les survivants d’une catastrophe. Un soldat s’approche, demande le nom d’une élève. Elle répond « Teriitehau ». Lui insiste pour qu’elle épelle. Le petit accroc de langage ralentit l’évacuation, mais tout le monde sourit. Bienvenue dans Marara, l’exercice militaire qui transforme la Polynésie française en terrain d’entraînement grandeur nature.

Tous les deux ans, forces terrestres, maritimes et aériennes se coordonnent pour simuler un cyclone dévastateur. Cette année, douze pays participent des États-Unis au Japon en passant par les Tonga ou les Samoa. Samedi, 320 soldats français aidés par les Îles Cook, les Tonga et l’armée américaine ont évacué 120 personnes de Makemo, un confetti de 800 habitants perdu dans l’archipel des Tuamotu. Les collégiens, placides, embarquent sur des navires de guerre puis sortent guitares et ukulélés pour chanter en reo pa’umotu.

L’exercice ne se limite pas à la technique. Il montre aussi que la France compte dans le Pacifique, zone de tensions entre les États-Unis et la Chine. Une séquence a même mis en scène un « État compétiteur » non nommé qui profiterait du chaos pour déstabiliser un atoll avec une milice armée. Le colonel François Reynaud, commandant du régiment d’infanterie de marine du Pacifique, le dit clairement cet exercice donne une place à la France. Ses effectifs ont augmenté de plus de 50% après la dernière loi de programmation militaire.

Pour les Polynésiens des atolls isolés, l’armée représente souvent une chance de quitter l’île et de trouver un emploi. Une élève de troisième, Marara Helme-Estall, confie que voir les soldats sur place la rassure. « Ici on n’a aucune issue », dit-elle en pensant aux cyclones. L’armée promet aussi d’améliorer ses capacités dans la zone dès l’an prochain avec un nouveau patrouilleur et un A400M basé à Nouméa. En quinze jours, elle a déjà mobilisé plus de 1 000 hommes, cinq navires, deux avions et deux hélicoptères. De quoi prouver qu’elle peut projeter des forces aux antipodes en un temps record.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus