Monde
Stop aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans au Royaume‑Uni
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé une interdiction totale des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans. Une mesure choc…


Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé une interdiction totale des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans. Une mesure choc qui doit entrer en vigueur au printemps prochain.
Le Royaume‑Uni franchit un cap inédit dans la protection de l’enfance en ligne. Lundi, Keir Starmer a officialisé l’interdiction de l’accès aux réseaux sociaux pour tous les enfants de moins de 16 ans. Le chef du gouvernement britannique a justifié cette décision en rappelant que ces plateformes « rendent les enfants malheureux » et « facilitent le harcèlement et les abus ». Il compte faire adopter la loi avant Noël, pour une application « vers le printemps » 2027.
Cette annonce place le Royaume‑Uni dans le sillage de pays comme l’Australie et l’Indonésie, qui ont déjà mis en place des restrictions similaires. Le Canada a aussi annoncé son intention de suivre cette voie. En France, un projet de loi pour les moins de 15 ans est en cours d’examen au Parlement. Starmer a également promis des « mesures inédites » contre les plateformes de jeux vidéo et de streaming, où des inconnus peuvent encore contacter librement des enfants.
La décision s’appuie sur une vaste consultation nationale qui a recueilli près de 116 000 réponses. Parmi les parents participants, 83 % estimaient que les risques des réseaux sociaux l’emportent sur leurs avantages pour les enfants, et 91 % soutenaient un âge minimum de 16 ans. Mais le gouvernement reconnaît que l’interdiction n’est pas « une solution miracle ». La ministre de la Culture Lisa Nandy a elle‑même évoqué le risque que des enfants contournent la loi. Starmer a balayé cette objection en comparant la situation à l’interdiction de l’alcool : « Ce serait absurde de dire qu’un ado a réussi à boire, donc autant ne pas interdire la vente. Les lois sont aussi l’expression de nos valeurs. »
Le sujet divise pourtant familles et associations. Ian Russell, dont la fille s’est suicidée à 14 ans après avoir vu des contenus faisant l’apologie du suicide, s’est toujours opposé à une interdiction. À l’inverse, Esther Ghey, mère d’une adolescente transgenre assassinée en 2023, y est favorable. Parallèlement, le gouvernement a déjà sommé Apple et Google de déployer sous trois mois des outils pour bloquer les images sexuellement explicites, sous peine de légiférer.
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