Monde
Eurosatory 2026 l’Europe se prépare au combat
Le grand salon de la défense a ouvert ses portes près de Paris. Dans les allées, une seule obsession être prêt à un conflit de haute intensité.


Le grand salon de la défense a ouvert ses portes près de Paris. Dans les allées, une seule obsession être prêt à un conflit de haute intensité.
Sous un ciel gris de juin, les démonstrations ont donné le ton. Des soldats français ont manœuvré canons Caesar et drones de combat devant la ministre des Armées et des responsables militaires du monde entier. L’idée est claire le conflit ukrainien n’est plus une menace lointaine mais un laboratoire du futur proche. Le général Philippe de Montenon, qui commande les forces terrestres, résume l’état d’esprit. L’armée française se prépare à un combat similaire à celui que mènent les Ukrainiens. La priorité est d’être prêt dès ce soir, dit-il en substance. Le commissaire du salon, Charles Beaudouin, abonde dans le même sens. Pour lui, la probabilité d’un affrontement brutal à l’Est avec la Russie ne cesse de croître. L’Europe tout entière doit envisager l’impensable une guerre sur son propre sol.
Les drones sont partout dans ce salon. Ils survolent les démonstrations, ils trônent sur les stands, ils changent la donne tactique. Les chars, ces géants d’acier, portent désormais des cages anti-drones comme des carapaces de fortune. L’armée de Terre française, qui ne possédait que 4 000 drones fin 2025, est en train d’en acquérir 14 000. Un nombre jugé suffisant pour former les soldats aux nouvelles menaces. Chaque brigade dispose maintenant d’une cellule chargée de former des opérateurs de drones. Les systèmes de brouillage et de contre-drones sont également mis en avant, notamment chez le géant allemand Rheinmetall. L’innovation est devenue permanente, explique le général de Montenon. Il faut observer sans cesse ce que font les Ukrainiens, dont l’ingéniosité surprend.
La présence ukrainienne a explosé. Quatre-vingts entreprises venues de Kiev exposent cette année, contre dix seulement en 2024. Leurs drones, leurs robots terrestres et leurs missiles de frappe en profondeur attirent les regards. Les Ukrainiens sont tellement en avance que les autres n’ont plus qu’à les copier, remarque le commissaire du salon. Ils ont déjà été invités dans les pays du Golfe pour conseiller sur la défense contre les drones iraniens. Pourtant, les partenariats industriels concrets restent rares, surtout en France. Airbus vient de s’associer avec un pionnier ukrainien à Berlin. Le salon pourrait-il accélérer ces coopérations ? Côté israélien, les stands d’armement défensif sont de retour après l’interdiction de 2024. Le système Iron Dome y est présenté comme une nécessité absolue. Mais le commissaire met en garde contre les stands ambigus qui mélangeraient armes défensives et offensives. Ceux-là seront bannis, prévient-il. Le message est clair la guerre a changé de visage, et l’Europe veut être prête.
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