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Sous la canicule, les quartiers populaires cuisent en silence

Les logements des quartiers populaires se transforment en fournaises. Et les conséquences sont dramatiques pour les habitants les plus vulnérables.

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Sous la canicule, les quartiers populaires cuisent en silence

Les logements des quartiers populaires se transforment en fournaises. Et les conséquences sont dramatiques pour les habitants les plus vulnérables.

Ce n’est pas un hasard si, quand le mercure grimpe, les quartiers populaires souffrent bien plus que les autres. La Fondation pour le logement des défavorisés vient de le rappeler dans un rapport qui compile toutes les données disponibles. En cause une triple peine. D’abord l’urbanisme lui-même, avec du béton et de l’asphalte qui emmagasinent la chaleur et créent des îlots de chaleur urbains. Ajoutez à ça peu d’espaces verts pour respirer. Ensuite, les appartements sont souvent plus petits, avec un taux de suroccupation trois fois plus élevé qu’ailleurs. Les nuisances sonores empêchent d’ouvrir les fenêtres la nuit. Et comme les habitants sont locataires, ils ont moins la main pour engager des travaux d’isolation ou d’adaptation.

Le résultat est implacable. Les plus pauvres sont deux fois plus touchés par la précarité énergétique d’été que les plus riches. Un logement sur deux ne protège pas des fortes chaleurs. Il peut se transformer en véritable bouilloire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes en 2025, 5 700 personnes sont mortes à cause de la chaleur en France selon Santé publique France. Christophe Robert, délégué général de la Fondation, raconte croiser beaucoup de femmes et d’hommes dont les problèmes de santé s’aggravent avec la canicule. Leur appartement, qui se transforme en étuve, ne les protège pas et peut même aggraver leur état. Les politiques publiques ambitieuses se font dangereusement attendre, juge-t-il.

Face à cette urgence, la Fondation porte plusieurs revendications concrètes. Elle demande d’augmenter le fonds vert qui aide les collectivités à agir pour l’écologie, alors que son budget est passé de 2,5 milliards d’euros à moins de 840 millions. Elle réclame aussi qu’on mette enfin à l’agenda la proposition de loi transpartisane Zéro logement bouilloire. Et pourquoi ne pas lancer des plans grand chaud à l’image des plans grand froid, avec des places d’hébergement supplémentaires et des maraudes renforcées. L’Organisation mondiale de la santé le rappelle la température idéale dans un logement ne doit pas dépasser 28 à 30 degrés le jour et 26 degrés la nuit. Pour des millions de personnes, ces seuils sont un luxe inaccessible.

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