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Andy Burnham, le challenger qui veut la peau de Keir Starmer

Alors que le Premier ministre travailliste est au plus bas dans les sondages, son rival de toujours, le maire du Grand Manchester, se présente à une…

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Andy Burnham, le challenger qui veut la peau de Keir Starmer

Alors que le Premier ministre travailliste est au plus bas dans les sondages, son rival de toujours, le maire du Grand Manchester, se présente à une élection partielle pour revenir au Parlement et lui disputer le pouvoir. Une victoire d’Andy Burnham pourrait précipiter la chute de Keir Starmer.

Ce jeudi, les électeurs de Makerfield, une circonscription du nord-ouest de l’Angleterre, votent pour élire leur nouveau député. Et ce scrutin local a tout d’un tremplin national. Andy Burnham, l’actuel maire du Grand Manchester et figure montante du Labour, se présente pour reprendre un siège qu’il a déjà occupé entre 2001 et 2017. Son objectif est clair : utiliser ce mandat pour défier Keir Starmer et tenter de le déloger de Downing Street. Car le Premier ministre, arrivé triomphalement au pouvoir en juillet 2024 après une large victoire législative, est aujourd’hui impopulaire. Il est fragilisé par sa politique, mais aussi par la controverse autour de la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, un proche du criminel sexuel Jeffrey Epstein. Ajoutez à cela la cuisante défaite du Labour aux élections locales de mai, où le parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage a fait une percée. Résultat : des appels à la démission fusent jusque dans les rangs travaillistes, et certains ministres ont déjà quitté le navire.

Andy Burnham, 56 ans, est un ancien ministre devenu très populaire en se posant comme le défenseur du nord de l’Angleterre, sa région natale. Surnommé « le roi du Nord », il veut retrouver un siège à la Chambre des communes pour pouvoir légitimement prétendre à la tête du parti. La campagne dans Makerfield a transformé cette petite circonscription de 76 000 électeurs en épicentre de la vie politique britannique. Plusieurs ministres, Nigel Farage et d’autres députés de Reform UK sont venus y faire campagne. Les sondages donnent Burnham gagnant, même si Reform UK reste une menace sérieuse. Son candidat, Robert Kenyon, un plombier originaire du coin, a fait campagne sur le rejet de l’immigration et des impôts, mais il a été épinglé pour d’anciens propos sexistes et doit aussi faire face à la concurrence d’un parti encore plus radical sur sa droite. L’enjeu est immense : une victoire de Burnham enverrait un signal fort à Keir Starmer.

Si Andy Burnham l’emporte, la suite s’annonce tout aussi décisive. Pour déclencher une élection interne au Labour et obliger Starmer à quitter son poste, il lui faudrait réunir les parrainages de 81 députés travaillistes, soit environ un cinquième des élus du parti. Il n’a pas encore fixé de date pour lancer les hostilités. Mais ses alliés espèrent qu’une large victoire à Makerfield convaincra le Premier ministre de partir de lui-même, pour éviter un conflit interne qui diviserait le Labour. Dans les rues de la circonscription, l’avis des électeurs est partagé. Certains voient en Burnham un meilleur leader que Starmer, jugé indécis. D’autres, comme Hazel Ellis, militante de Reform UK, estiment que le pays n’a plus d’autre espoir que ce parti. Une chose est sûre : le résultat de cette élection partielle pourrait bien écrire un nouveau chapitre de la politique britannique.

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