Monde
Riyad, Ankara et Islamabad passent à l’alliance militaire face à la crise au Moyen-Orient
La guerre entre l’Iran et les Etats-Unis rebat les cartes diplomatiques. L’Arabie saoudite réunit la Turquie et le Pakistan pour signer un accord de…


La guerre entre l’Iran et les Etats-Unis rebat les cartes diplomatiques. L’Arabie saoudite réunit la Turquie et le Pakistan pour signer un accord de défense mutuelle.
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane réunit à Djeddah les dirigeants turc et pakistanais. L’enjeu de cette rencontre est lourd. Selon les proches du pouvoir saoudien, les trois pays doivent signer un accord de défense mutuelle, après un rapprochement accéléré par la guerre qui secoue le Moyen-Orient depuis plus de cinq mois. Recep Tayyip Erdogan et Shehbaz Sharif participent à ce sommet entre puissances sunnites, engagées dans la médiation d’un conflit déclenché par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran.
Ce pacte ne sort pas de rien. Riyad et Islamabad ont déjà scellé une alliance similaire en septembre, dans la continuité d’une longue coopération militaire. La reprise de discussions sur une participation turque avait été évoquée en janvier, sans qu’Ankara ne rejoigne alors le dispositif. La Turquie, membre de l’Otan, apporte une autre dimension à cette coalition, tandis que le Pakistan fait peser le poids de son arsenal nucléaire dans l’équation. La réunion de Djeddah marque donc une étape.
Le calendrier n’est pas neutre. Le détroit d’Ormuz, passage vital pour le commerce mondial de pétrole, reste verrouillé par l’Iran depuis la reprise des hostilités avec les Etats-Unis début juillet. Washington a suspendu ses frappes contre Téhéran, mais aucune issue diplomatique n’a émergé. Téhéran affirme s’être entendu avec Oman sur un itinéraire alternatif pour les navires. La réouverture complète dépend néanmoins de la levée du blocus imposé par les Américains sur les ports iraniens.
Islamabad s’est glissé dans le rôle de médiateur. Le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, accompagne son Premier ministre et a été un acteur clé des tentatives de rapprochement entre Iraniens et Américains. Le Pakistan a reçu pour cela le soutien de l’Arabie saoudite et de l’Egypte. Un protocole signé en juin n’a pas suffi à débloquer la situation. La diplomatie pakistanaise espère que l’accord sur Ormuz permettra de relancer des discussions techniques entre Téhéran et Washington.
Pendant que les négociations suivent leur cours, la région montre encore sa violence. Les rebelles houthis ont frappé le sol saoudien alors que le sommet se préparait, blessant onze civils. C’est le bilan le plus lourd depuis plus de quatre ans. Le conflit yéménite, qui vivait sur une trêve depuis 2022, est reparti de plus belle ces dernières semaines. Les Houthis, appuyés par l’Iran, ont tué au moins 58 soldats gouvernementaux et bloquent les navires saoudiens en mer Rouge. Le pacte de défense discuté à Djeddah prend tout son sens dans ce contexte.
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