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Prime Video prêt à miser 110 millions pour déverrouiller les sorties ciné

Amazon négocie en secret avec le cinéma français pour diffuser les films plus tôt sur sa plateforme. En échange, il promet un gros chèque mais la…

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Prime Video prêt à miser 110 millions pour déverrouiller les sorties ciné

Amazon négocie en secret avec le cinéma français pour diffuser les films plus tôt sur sa plateforme. En échange, il promet un gros chèque mais la profession reste sur ses gardes.

Les discussions sont discrètes mais l’enjeu est colossal. Prime Video veut réduire le délai de diffusion des films après leur passage en salle. Aujourd’hui, la plateforme d’Amazon doit attendre 17 mois. Trop long à son goût. Pour obtenir un accès plus rapide, elle est prête à augmenter ses investissements. L’Arcom, le régulateur, a fixé une échéance au 31 juillet pour boucler un accord. Si tout se passe bien, Prime pourrait verser jusqu’à 110 millions d’euros par an à la création française. Contre 40 millions aujourd’hui. Mais tout dépendra de ce que la plateforme obtiendra en échange.

Les professionnels du cinéma ne sont pas encore convaincus. Amazon propose de consacrer 110 millions à condition de pouvoir diffuser les films moins de 12 mois après leur sortie. Actuellement, ses concurrents ont des délais plus courts. Disney+ a négocié 9 mois, Netflix doit patienter 15 mois, Canal+ seulement 6 mois. Pour les producteurs, la clé c’est la répartition de cette somme. La loi impose qu’au moins 30% aille au cinéma, soit 33 millions. Mais les cinéastes en veulent plus. Disney+ avait accepté de consacrer 14% de son chiffre d’affaires France au septième art pour obtenir ses 9 mois. Amazon ne propose que 7,5%, ce qui semble trop peu pour les professionnels interrogés. Un producteur résume la situation par une image simple. C’est un billard à plusieurs bandes où chaque mouvement déclenche des réactions en cascade.

Amazon a aussi un levier de négociation important. En avril 2025, le groupe a déposé un recours administratif contre l’accord sur la chronologie des médias signé avec les autres acteurs. Ce recours pourrait être retiré si la profession accepte ses conditions. Mais cette manœuvre irrite. Un producteur prévient qu’il n’y aura pas d’accord sans ce retrait. Autre ombre au tableau, la position de Canal+. Le groupe est le premier financeur du cinéma français avec 170 millions d’euros par an. Il avait déjà réduit son budget après l’accord avec Disney+. Si Prime Video obtient un délai de 9 mois, la colère de Canal+ pourrait provoquer de nouvelles baisses de financement. Les négociations sont donc tendues. Amazon, contacté, se dit déterminé à aboutir grâce à un dialogue constructif. De leur côté, certains professionnels voient d’un bon œil un accord. Les plateformes sont aujourd’hui les seuls acteurs ayant les moyens d’investir. Mieux vaut s’appuyer sur elles, même si le compte n’y est pas encore.

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