Économie
L’Unédic alerte sur la fragilité financière du régime d’assurance chômage

_**Les prévisions financières présentées mardi dessinent un déficit pour 2026, imputé aux prélèvements de l’État. L’organisme paritaire appelle à un arrêt de ces ponctions pour retrouver une trajectoire d’apurement de la dette.**_
L’assurance chômage devrait afficher un déficit de 2,1 milliards d’euros en 2026, selon les dernières projections de l’Unédic. Cette situation contraste avec les excédents anticipés pour 2027 et 2028, évalués respectivement à 2,8 et 4,8 milliards d’euros. L’organisme gestionnaire du régime estime que ces résultats positifs futurs permettraient de renouer avec une dynamique de désendettement, à la condition expresse que l’État cesse de prélever sur ses ressources.
La dégradation des comptes pour l’année 2026 est directement attribuée à un prélèvement étatique de 4,1 milliards d’euros. En l’absence de cette ponction, le solde serait au contraire excédentaire de 2 milliards. Sur la période 2023-2026, le total de ces transferts au profit des finances publiques atteindrait 12 milliards d’euros. Ces opérations, réalisées via un mécanisme de moindre compensation sur les allègements de cotisations patronales, paralysent la stratégie de réduction de la dette, gelée depuis 2023 selon l’institution.
La dette de l’Unédic, qui avait fortement augmenté durant la crise sanitaire pour atteindre 59,4 milliards d’euros, devrait culminer à 61,5 milliards fin 2026. Son apurement est rendu plus complexe par plusieurs facteurs. Le début du remboursement de l’emprunt contracté pendant la pandémie, une contribution au fonctionnement de France Travail dépassant les 5 milliards d’euros, ainsi qu’une baisse des recettes liée à la réforme de la CSG pour les indépendants pèsent sur la trésorerie. L’organisme doit désormais emprunter sur les marchés à des taux plus élevés pour honorer ses engagements, faisant passer le poids de la charge de la dette à 1,7% de ses recettes en 2028, contre moins de 1% auparavant.
Malgré un contexte économique morose, le nombre de demandeurs d’emploi indemnisés devrait se stabiliser autour de 2,6 millions cette année et l’an prochain, avant une légère diminution à 2,5 millions à l’horizon 2028. Cette relative stabilité est attribuée aux réformes successives du régime, qui ont conduit à une réduction des indemnités versées. Les dépenses totales, après une progression modérée pour atteindre un pic de 46,6 milliards en 2027, devraient ensuite redescendre à 46,2 milliards en 2028.
Ces projections reposent sur un scénario de croissance économique modeste, passant de 1% en 2026 à 1,2% en 2028. L’Unédic souligne toutefois que cette trajectoire reste soumise à de nombreux aléas, notamment politiques et géopolitiques. Par ailleurs, les effets de l’accord récent visant à moduler l’indemnisation des salariés ayant opté pour une rupture conventionnelle ne sont pas intégrés dans ces chiffres. Cette mesure, dont l’adoption définitive nécessite encore un vote parlementaire, devrait générer des économies marginales à court terme, pour atteindre près d’un milliard d’euros annuels à partir de la cinquième année d’application.

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