Monde
L’intelligence artificielle ne connaît pas les frontières, l’ONU veut une réponse commune
Antonio Guterres juge qu’aucun État ne peut affronter seul les dangers de l’intelligence artificielle. Le chef de l’ONU réclame des garde-fous partagés…


Antonio Guterres juge qu’aucun État ne peut affronter seul les dangers de l’intelligence artificielle. Le chef de l’ONU réclame des garde-fous partagés, en s’appuyant sur l’exemple des discussions nucléaires pendant la Guerre froide.
Le secrétaire général des Nations unies a pris la parole lors d’une conférence de presse pour dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Pour Antonio Guterres, une coordination mondiale sur l’intelligence artificielle n’est pas un luxe, elle est indispensable. Il renvoie d’abord les gouvernements à leurs obligations. Protéger ses citoyens reste la première mission d’un État, et cette protection doit désormais s’étendre aux menaces que fait peser l’IA.
Le raisonnement tient en une évidence. Une action menée pays par pays est nécessaire, mais elle ne suffira jamais. Les algorithmes traversent les frontières sans demander la permission, et les risques qu’ils portent font exactement la même chose. Le sujet s’annonce donc comme un grand rendez-vous diplomatique. La semaine prochaine, les dirigeants du monde entier se retrouvent à New York pour la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale de l’ONU, et l’IA figure parmi les dossiers majeurs qu’ils auront sur la table.
Les appels à encadrer ce secteur se multiplient, portés par une série d’incidents et par les avertissements de plusieurs figures du milieu. Les choses bougent aussi du côté des entreprises. OpenAI, Anthropic et Google DeepMind ont annoncé mardi travailler à la création d’un organe chargé de surveiller les risques liés à l’IA. Le lendemain, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a de son côté fait savoir qu’elle réunirait les grands acteurs du secteur pour soutenir leurs efforts, avec un objectif précis, ralentir le développement des modèles les plus dangereux.
Interrogé sur la forme que pourrait prendre cette coordination, Antonio Guterres a puisé dans l’histoire. Pendant la Guerre froide, les États-Unis et l’Union soviétique s’affrontaient, mais des contacts existaient bel et bien sur le dossier nucléaire. Des accords ont fini par voir le jour pour réduire les arsenaux, et des mesures ont été prises après la détection de certains dangers. La crise de Cuba reste dans toutes les mémoires comme le moment où le monde a mesuré de près ce qu’il risquait.
Le chef de l’ONU en tire une leçon simple. Les pays dotés de capacités importantes doivent mettre en place des canaux de contact, partager leurs informations et s’accorder sur des garde-fous communs. L’enjeu affiché est de taille, éviter ce qu’il décrit comme des catastrophes gigantesques à l’échelle mondiale.
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