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L’épidémie d’Ebola en RDC n’a pas encore atteint son sommet et pourrait s’étendre sur une année supplémentaire
Selon la Croix-Rouge, le pic de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo n’est pas derrière nous mais bien devant nous, avec…


Selon la Croix-Rouge, le pic de l’épidémie d’Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo n’est pas derrière nous mais bien devant nous, avec une crise humanitaire qui prend du retard sur le terrain.
La région de l’est de la RDC connaît une flambée d’Ebola due à la souche Bundibugyo, une variante rare pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué. Déclarée officiellement le 15 mai, cette 17e épidémie dans le pays a déjà conduit l’Organisation mondiale de la santé à déclencher une alerte sanitaire internationale. Pourtant, la réponse humanitaire patine. La Croix-Rouge met en garde : sans action rapide, la maladie pourrait encore circuler pendant un an. Les trois provinces touchées, Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu, abritent près de 15 millions d’habitants, dont beaucoup vivent dans des zones de conflit communautaire meurtrier. Les déplacements de population, causés par la violence, accélèrent la propagation du virus.
Sur le plan sanitaire, la situation est alarmante. Le nombre de blessés de guerre a grimpé de 30% entre mi-mai et mi-juin, plombant un système de santé déjà fragile. Selon l’Institut national de santé publique congolais, les cas confirmés augmentent de semaine en semaine, signe d’une transmission continue. Les experts redoutent une expansion géographique brutale si les mesures de santé publique ne sont pas renforcées immédiatement. Les chiffres officiels font état de 808 cas et 192 décès, soit un taux de létalité de 24%, mais Oxfam et Médecins sans frontières estiment que l’épidémie est largement sous-estimée. La coordinatrice médicale d’urgence de MSF en RDC affirme que personne ne connaît l’ampleur réelle de la circulation du virus, faute de capacités de diagnostic suffisantes.
Le manque de moyens freine aussi le traçage des cas, notamment depuis le retrait des financements américains pour la surveillance épidémiologique. Dans les zones touchées, l’absence d’eau potable complique l’élimination sécurisée des déchets infectieux, et de nombreux agents de terrain n’ont toujours pas d’équipements de protection de base. L’OMS reconnaît des « angles morts » dans la surveillance, avec des zones où peu d’alertes sont signalées et où des chaînes de transmission pourraient passer inaperçues. Par-dessus tout, la désinformation et la méfiance des communautés entravent la lutte. Les volontaires de la Croix-Rouge subissent insultes, menaces et agressions physique. Pour enrayer l’épidémie, insistent les organisations, il faut non seulement des moyens sanitaires, mais aussi du travail de confiance auprès des populations locales.
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