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La France mise (encore) sur le char de combat franco-allemand

Alors que le projet d’avion de combat SCAF s’effondre, Paris veut croire à la réussite du char MGCS. Mais les devis des industriels sont jugés trop élevés.

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La France mise (encore) sur le char de combat franco-allemand

Alors que le projet d’avion de combat SCAF s’effondre, Paris veut croire à la réussite du char MGCS. Mais les devis des industriels sont jugés trop élevés.

Le délégué général pour l’armement, Patrick Pailloux, a tenu à calmer le jeu mardi. Il s’est dit « raisonnablement optimiste » sur le programme du char du futur mené avec l’Allemagne. Ce projet, baptisé MGCS, n’est pas construit sur le même modèle que le SCAF, l’avion de combat commun qui vient de capoter. Selon lui, le problème industriel qui a tué le SCAF ne se pose pas de la même manière ici. Et l’abandon de ce programme aérien ? « Ce n’est pas la fin du monde pour la France », a-t-il balayé, rappelant que le pays sait fabriquer des avions.

Le MGCS repose sur deux poids lourds : KNDS, un groupe franco-allemand, et Rheinmetall, un géant allemand. Mais la répartition est déséquilibrée. « Il y a deux gros industriels. Un très allemand, l’autre à moitié », a résumé Pailloux. Le vrai problème aujourd’hui, ce sont les coûts. Il l’a reconnu sans détour : les offres des industriels pour les prochaines phases sont « trop chères ». Les négociations sont en cours, et le programme reste pour l’instant un projet de recherche et développement à très long terme.

Une semaine après l’échec du SCAF, KNDS a dévoilé un char intermédiaire, le Capint. Il doit remplacer le Leclerc français d’ici 2035, en attendant le MGCS. Certains y voient un aveu d’échec du programme principal, qui accumule déjà dix ans de retard. Un industriel européen a même réclamé du « courage politique » pour tirer les mêmes conclusions que pour l’avion. Mais Pailloux insiste : la France a aussi un vrai savoir-faire dans les blindés, un domaine que les Allemands regardent avec intérêt. L’optimisme, pour l’instant, reste de mise.

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