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Le parquet antiterroriste réclame le procès de l’assassin de Dominique Bernard

Deux ans et demi après l’attaque au couteau qui a coûté la vie au professeur de français à Arras, la justice demande le renvoi en procès de son ancien…

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Le parquet antiterroriste réclame le procès de l'assassin de Dominique Bernard

Deux ans et demi après l’attaque au couteau qui a coûté la vie au professeur de français à Arras, la justice demande le renvoi en procès de son ancien élève et de deux proches. Le réquisitoire détaille un geste motivé par la haine de l’école et des valeurs républicaines.

Le 13 octobre 2023, la cité scolaire Gambetta-Carnot à Arras bascule dans l’horreur. Mohammed Mogouchkov, un Russe d’origine ingouche âgé de 20 ans, attaque son ancien professeur de français Dominique Bernard à la sortie du lycée. Armé de couteaux, il frappe l’enseignant de 57 ans au cou et à l’épaule. En dix minutes, le drame fait un mort et trois blessés. Un autre enseignant tente de s’interposer mais reçoit une grave blessure au visage et est poursuivi jusque dans la cour intérieure. Deux agents présents sur place sont également touchés en tentant de protéger leurs collègues, sous les yeux d’élèves médusés. Les policiers arrivent rapidement et maîtrisent l’assaillant avec un pistolet à impulsion électrique. Avant son passage à l’acte, Mohammed Mogouchkov avait publié une vidéo d’allégeance au groupe jihadiste État islamique.

Dans son réquisitoire, le parquet national antiterroriste explique que le choix de Dominique Bernard comme première cible n’est pas un hasard. Mohammed Mogouchkov a lui-même déclaré avoir visé son ancien professeur de français car cette matière transmet selon lui l’attachement à la République, la démocratie et les droits de l’Homme. Le parquet parle d’une « détestation de l’Éducation nationale et des valeurs qu’elle prône », comme l’émancipation par la réflexion et la laïcité. Dominique Bernard, agrégé de lettres modernes et enseignant au collège, était un passionné de littérature, discret, cofondateur de l’université populaire d’Arras. Lors de ses funérailles en présence du président Emmanuel Macron, son épouse Isabelle l’a décrit comme quelqu’un qui « n’aimait pas le bruit et la fureur du monde ». Pour perpétuer sa mémoire, elle a lancé un prix littéraire de nouvelles pour adolescents sur le thème de la tolérance, et plusieurs villes ont rebaptisé des rues ou places à son nom.

Le parquet demande que Mohammed Mogouchkov soit jugé devant la cour d’assises spéciale des mineurs pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste et participation à une association de malfaiteurs terroriste. Concernant son frère cadet Souleiman, mineur au moment des faits, le parquet requiert un non-lieu pour complicité mais un procès pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Les enquêteurs estiment que Souleiman, bien qu’ayant observé la radicalisation violente de son aîné, n’avait pas connaissance précise du projet meurtrier. Son frère l’a d’ailleurs mis hors de cause dans ses déclarations. Le cousin des deux frères doit aussi être jugé. Il a reconnu savoir que Mohammed était radicalisé et lui avoir réparé un couteau quelques semaines avant l’attentat sans prévenir personne. Les juges d’instruction antiterroristes doivent maintenant décider s’ils suivent ces réquisitions.

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