Culture
Le Parlement durcit la répression des fêtes illégales en milieu rural
_**Les députés ont adopté un texte renforçant les sanctions contre l’organisation et la participation aux rassemblements non autorisés, une mesure vivement contestée par la gauche et les acteurs culturels.**_
L’Assemblée nationale a approuvé jeudi une série de dispositions visant à réprimer plus sévèrement les rassemblements festifs non déclarés, communément appelés free parties. Le texte, porté par la majorité présidentielle avec le soutien de l’extrême droite, a été adopté en première lecture par 78 voix contre 67. Il prévoit désormais un arsenal pénal élargi, ciblant tant les organisateurs que les simples participants à ces événements souvent organisés en pleine nature.
La proposition de loi entend répondre aux plaintes récurrentes de riverains, notamment d’agriculteurs, concernant les nuisances sonores, les dégradations de terrains ou les troubles à l’ordre public. La rapporteure du texte a insisté sur la nécessité de faire respecter les règles communes, tout en niant toute volonté de stigmatiser une pratique culturelle. L’objectif affiché est de dissuader l’organisation de ces rassemblements qui échappent au cadre légal.
Le dispositif législatif crée une nouvelle infraction pour toute personne contribuant, de manière directe ou indirecte, à la préparation ou au déroulement d’une fête non autorisée. Les contrevenants s’exposent à une peine pouvant atteindre six mois d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende. Parallèlement, une amende forfaitaire de 1 500 euros est instaurée pour les participants, doublée en cas de récidive. Le matériel utilisé pourra être systématiquement confisqué.
Un autre volet du texte abaisse le seuil à partir duquel une déclaration en préfecture devient obligatoire. Il passe de 500 à 250 participants, un chiffre que la rapporteure estime correspondre à la fréquentation moyenne de ces événements. Cette modification suscite des inquiétudes dans le milieu associatif, certains élus soulignant que les problèmes surviennent principalement lors de rassemblements plus importants.
L’opposition de gauche et plusieurs collectifs culturels dénoncent une approche essentiellement sécuritaire et répressive. Ils estiment que cette criminalisation poussera ces pratiques encore plus dans la clandestinité, aggravant les risques sanitaires et décourageant les appels aux secours en cas de besoin. Pour ses défenseurs, la free party incarne une forme de sociabilité non marchande et constitue un pan de la culture électronique.
Le texte doit désormais être examiné par le Sénat. Parallèlement, le gouvernement prépare un projet de loi plus large qui prévoit des peines encore plus lourdes, pouvant aller jusqu’à deux ans de prison pour les organisateurs. Le débat parlementaire a ainsi mis en lumière les tensions entre la volonté de préserver l’ordre public et la défense de pratiques culturelles alternatives.
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