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Le nouveau parti qui pousse Farage encore plus à droite

Un mouvement politique né il y a seulement quatre mois bouscule déjà le paysage britannique. Porté par un discours anti-immigration dur et le soutien…

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Le nouveau parti qui pousse Farage encore plus à droite

Un mouvement politique né il y a seulement quatre mois bouscule déjà le paysage britannique. Porté par un discours anti-immigration dur et le soutien d’Elon Musk, Restore Britain teste sa force lors d’une élection partielle décisive.

Jeudi prochain, dans la circonscription de Makerfield près de Manchester, un scrutin local pourrait tout changer. La candidate de Restore Britain, une cheffe d’entreprise locale nommée Rebecca Shepherd, recueillerait entre cinq et huit pour cent des voix selon les derniers sondages. Un score modeste, mais suffisant pour faire perdre des plumes au parti Reform de Nigel Farage. Car c’est bien lui la cible. Robert Kenyon, le candidat de Reform, est donné loin derrière le favori travailliste Andy Burnham. Mais si Restore lui prend des voix, il peut compromettre toute chance de victoire pour l’extrême droite traditionnelle. Dans la petite ville d’Hindley, Darren, cinquante-quatre ans, illustre ce basculement. Longtemps supporter de Farage, il dit aujourd’hui préférer Restore. Son explication est cinglante selon lui, Farage a recruté trop d’anciens conservateurs et il est devenu aussi mauvais que les autres.

La naissance de Restore Britain est le fruit d’une rupture brutale. Son fondateur, Rupert Lowe, soixante-huit ans, était l’un des cinq députés élus sous l’étiquette Reform en juillet 2024. Ancien président du club de football de Southampton, il a milité pour le Brexit aux côtés de Farage. Mais en mars 2025, le torchon brûle. Farage accuse Lowe d’avoir menacé verbalement et physiquement son bras droit Zia Yusuf. Lowe dément, mais le divorce est consommé. Trois mois plus tard, il lance Restore Britain, d’abord comme mouvement, puis comme parti en février dernier. La vraie différence entre les deux formations? Elle tient surtout à la radicalité. Lowe ne rejette pas les militants les plus extrêmes, notamment Stephen Yaxley-Lennon, alias Tommy Robinson. Farage, lui, a pris ses distances avec cette figure sulfureuse. Lowe réclame aussi des expulsions massives de migrants et le rétablissement de la peine de mort. Il l’a notamment demandée pour un jeune homme sikh condamné à perpétuité pour le meurtre d’un étudiant blanc à Southampton. Un fait divers qui a déclenché une violente manifestation. Sur le fond, Reform et Restore défendent des idées proches. Sur la forme, le ton de Lowe est bien plus tranchant. Pour des spécialistes de l’extrême droite, ce conflit révèle les tensions permanentes entre volonté de radicalité et quête de respectabilité.

La progression de Restore Britain doit énormément à un homme Elon Musk. Le propriétaire de X relaie régulièrement les messages de Rupert Lowe à ses 240 millions d’abonnés. Lowe compte certes moins de followers que Farage 825 000 contre 2,2 millions. Mais le coup de projecteur du milliardaire lui offre une visibilité inégalée pour un petit parti. Lowe assume ce soutien sans complexe. Il explique que toute aide de gens décents et engagés, y compris celle d’Elon Musk, est essentielle pour nettoyer les écuries d’Augias. Les déclarations d’intérêts du député montrent aussi qu’il a perçu plus de 57 000 livres de la plateforme X depuis décembre 2024, grâce à la monétisation de ses messages. D’autres figures proches de Donald Trump, comme Tucker Carlson ou Michael Flynn, se sont intéressées à lui. Restore ne deviendra probablement pas un grand parti à court terme, estiment des analystes. Mais il peut casser l’élan de Reform. Paradoxalement, à plus long terme, avoir un parti encore plus à droite pourrait même permettre à Farage de se présenter comme plus modéré sans rien changer à son programme. Un jeu d’équilibriste dans une Angleterre où les manifestations anti-immigrés se multiplient. Le scrutin de jeudi servira de premier vrai test pour cette nouvelle force.

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