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La villa blanche a survécu à l’incendie grâce à des draps mouillés

Dans le village balnéaire de Porto Germeno, des maisons sont restées debout au milieu des collines calcinées. Des habitants racontent les gestes qui ont…

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La villa blanche a survécu à l’incendie grâce à des draps mouillés

Dans le village balnéaire de Porto Germeno, des maisons sont restées debout au milieu des collines calcinées. Des habitants racontent les gestes qui ont protégé leurs murs et la sidération après le passage du feu.

Lianna Vergidi n’arrive toujours pas à y croire. Sa villa blanche, posée sur un rocher au-dessus du golfe de Corinthe à une soixantaine de kilomètres d’Athènes, domine un paysage de troncs noirs. L’escalier de pierre qui descend vers la mer longe des arbres morts, et la carcasse d’un fauteuil balançoire ainsi qu’une mobylette tordue rappellent que les flammes sont passées par là. Pourtant, la maison est intacte. Revenue constater les dégâts avec son mari, cette quinquagénaire parle d’un vrai soulagement.

Quand l’incendie, qui ravageait la région depuis cinq jours, s’est rapproché du village, le couple avait préféré partir. Son neveu, lui, est resté jusqu’à la dernière minute. Il a ouvert tous les robinets pour arroser les terrasses et le jardin, puis il a placé des draps mouillés derrière les portes et les fenêtres. Un geste simple qui, selon Lianna, a fait la différence. Beaucoup de maisons ont sans doute été sauvées comme ça, pendant que les autorités ordonnaient l’évacuation. Elle ne cache pas sa colère contre des secours qu’elle juge trop lents et contre ce qu’elle appelle l’inexplicable négligence de l’État. Cette forêt très dense était, dit-elle, le poumon de l’Attique.

Le front du feu est éteint, mais le bilan est immense. Près de 12 000 hectares sont partis en fumée. La vallée est noire, les troncs sont pelés, et le sol chauffe encore sous les semelles. Quelques champs d’oliviers et des lambeaux de végétation ont survécu. Les hélicoptères bombardiers d’eau continuent de tourner pour surveiller les fumées, car pendant le pic de l’incendie, des vents très forts avaient empêché les avions de décoller. Au bord de la route, un camion de pompiers calciné et la dépouille d’un sanglier donnent une idée de la violence du feu.

À l’approche de Porto Germeno, les premières ruines apparaissent. Des dizaines de maisons ont été détruites sur les hauteurs. Manolis Martsoukakis louait une modeste maison de briques. Il n’en reste plus que des cendres. Il raconte avoir attrapé quelques affaires et être parti sans savoir ce qu’il retrouverait. Son chat Rocky, blessé, miaule dans la cour et ne se laisse pas approcher. Non loin, Spyros, un architecte athénien, n’arrive pas à croire que sa maison de vacances soit toujours debout. Autour de lui, dit-il, tout est dévasté, les maisons, la forêt, les animaux. Il parle d’un immense deuil.

Au café Jimmy’s, le village se retrouve pour échanger les nouvelles. Sylvia Gudunas, qui vit d’ordinaire en Californie, venait chaque été dans la maison familiale. Sa maison est l’une des rares à avoir brûlé en plein cœur de Porto Germeno. Elle raconte que le feu est arrivé en quelques heures, sans que personne l’imagine possible. Elle espère des aides du gouvernement, mais elle assure déjà que la maison sera reconstruite. Puis les larmes montent devant l’olivier centenaire planté par sa mère, fendu en deux sur la terrasse.

Des hypothèses évoquent un court-circuit sur des câbles électriques ou une défaillance des éoliennes du secteur, mais rien n’est confirmé. Sur place, l’heure est surtout au constat et à la reconstruction, dans un village qui a vu le feu s’arrêter devant certaines portes et tout emporter chez d’autres.

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