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La météo met le vignoble français au défi et bouscule toutes les prévisions
Canicules, sécheresse et orages compliquent la tâche des viticulteurs. L’État renonce à ses chiffres et la récolte 2026 reste une immense inconnue.


Canicules, sécheresse et orages compliquent la tâche des viticulteurs. L’État renonce à ses chiffres et la récolte 2026 reste une immense inconnue.
Les vignes françaises vivent un été éprouvant. Entre les vagues de chaleur, le manque d’eau et les orages violents, les raisins n’évoluent pas comme prévu. Certains secteurs voient leur maturité bloquée, d’autres doivent avancer leurs vendanges de plusieurs semaines. Résultat, personne ne sait vraiment à quoi ressemblera la prochaine récolte.
Le ministère de l’Agriculture a préféré ne pas publier ses premières estimations, habituellement dévoilées début août. Les remontées des services régionaux font état d’une incertitude très forte dans de nombreux bassins viticoles, à cause des conditions climatiques exceptionnelles depuis la fin juin. Les prévisions sont repoussées au 8 septembre, quand les premières vendanges auront donné des indications concrètes. La filière avait d’ailleurs demandé que ces chiffres ne sortent pas, jugeant les analyses de début juillet trop imprécises pour être fiables.
Du Languedoc-Roussillon à la Bourgogne, les situations contrastent. Les vendanges ont déjà commencé dans le Languedoc, et un vigneron de l’Hérault s’apprête à couper les grappes à la mi-août. Dans l’Est, la Bourgogne, le Beaujolais ou le Centre-Val de Loire, les récoltes s’annoncent aussi précoces. Ailleurs, la sécheresse a brûlé des raisins, la maturité a pris du retard ou les baies pèsent moins lourd que d’habitude. Les prochaines semaines seront décisives, car la vigne a besoin de pluies régulières et de températures stables pour finir son cycle.
Les orages de fin d’été inquiètent tout particulièrement. Ils peuvent détruire en quelques minutes ce qui a survécu aux fortes chaleurs. Sans irrigation, la situation devient critique pour une grande majorité du vignoble, puisque seuls 15% des surfaces sont équipées. Les vignes exposées au manque d’eau perdent leurs feuilles et leur capacité à nourrir les raisins. C’est une conséquence de plus du changement climatique, après des années de gel, de grêle et de sécheresse qui ont déjà amputé les rendements.
Derrière les parcelles, il y a une filière en difficultés. La consommation de vin recule, les charges ont grimpé avec la guerre en Ukraine puis les tensions au Moyen-Orient, et les trésoreries sont souvent vides. Certains viticulteurs ont même dû arracher leurs vignes dans le cadre d’un plan d’aides pour adapter la production au marché. Pour eux, une récolte normale était devenue un espoir. La qualité, elle, semble au rendez-vous grâce à une pression des maladies plutôt faible. Les grands crus de Bordeaux se disent confiants pour le millésime 2026. Mais pour l’instant, l’épaisseur du brouillard météo empêche tout le monde de crier victoire.
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