Monde
La relaxe de Tommy Robinson, une décision judiciaire qui interpelle

Le militant d’extrême droite britannique a été blanchi par la justice londonienne après son refus de communiquer le code de son téléphone portable à la police, le tribunal estimant que son arrestation relevait davantage de considérations politiques que de nécessités légales.
Le tribunal de Westminster a prononcé la relaxe du militant nationaliste Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, dans une affaire où il était poursuivi pour avoir refusé de transmettre le code confidentiel de son téléphone aux forces de l’ordre. Le magistrat a considéré que l’interpellation du quadragénaire semblait motivée par ses engagements idéologiques plutôt que par des impératifs de sécurité.
L’activiste, suivi par près de deux millions de personnes sur les réseaux sociaux, avait été intercepté au volant d’une Bentley alors qu’il s’apprêtait à emprunter le tunnel sous la Manche en direction de l’Espagne durant l’été 2024. Les agents ayant invoqué la législation antiterroriste pour exiger le déverrouillage de son appareil mobile, l’intéressé avait opposé une fin de non-recevoir au nom de la protection de ses sources journalistiques.
Dans son raisonnement, le juge a pointé des incertitudes dans l’application des procédures par les fonctionnaires de police, relevant que ceux-ci manifestaient une méconnaissance des prérogatives que leur octroie effectivement la loi en matière de lutte contre le terrorisme. L’absence de base juridique solide a donc conduit à l’acquittement du prévenu.
À l’issue de l’audience, Tommy Robinson s’est félicité d’un verdict qu’il présente comme un désaveu cinglant pour des institutions qu’il accuse de partialité politique. Il a par ailleurs exprimé sa gratitude envers le milliardaire Elon Musk, dont le soutien financier aurait permis de couvrir les frais judiciaires estimés à cent mille livres sterling.
Cette décision intervient dans un contexte où la figure controversée a récemment orchestré l’une des plus importantes manifestations d’extrême droite jamais organisées dans la capitale britannique. L’homme, fondateur de la English Defence League, cumule les condamnations pour des infractions variées et reste associé à plusieurs épisodes de violences urbaines qui ont secoué le pays.

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