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La ministre de la Culture étrille la mairie de Castres après l’annulation d’une pièce sur les migrants

La pièce “Passeport” d’Alexis Michalik ne sera pas jouée à Castres en février 2027. La ministre de la Culture dénonce une décision politique et apporte…

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La ministre de la Culture étrille la mairie de Castres après l’annulation d’une pièce sur les migrants

La pièce “Passeport” d’Alexis Michalik ne sera pas jouée à Castres en février 2027. La ministre de la Culture dénonce une décision politique et apporte son soutien au metteur en scène.

C’est une histoire qui mêle théâtre, exil et politique locale. La pièce “Passeport”, créée en 2024 et saluée par la critique, raconte le parcours émouvant de réfugiés. Elle devait être programmée à Castres, dans le Tarn, en février 2027. Mais début juin, la mairie, dirigée par Florian Azéma, membre du Rassemblement national, a décidé de la retirer de l’affiche. Le maire justifie son choix par une question de gestion de l’argent public et assure être “dans son bon droit”. Cette annulation a immédiatement provoqué l’indignation dans les milieux culturels et politiques.

À gauche, plusieurs élus montent au créneau. Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, et Thomas Portes, député insoumis, parlent ouvertement de censure. De son côté, Julien Odoul, député RN, prend la défense du maire en affirmant qu’il n’a pas annulé la pièce mais qu’il ne l’a simplement pas retenue. La polémique enfle et remonte jusqu’aux plus hautes sphères de l’État.

Ce mardi 16 juin, lors des questions au gouvernement, la ministre de la Culture Catherine Pégard a été interpellée par un député macroniste du Tarn. Sa réponse est cinglante. Elle exprime son soutien à Alexis Michalik, aux comédiens et aux équipes, qu’elle dit “bouleversés à juste titre”. Elle condamne fermement cette annulation “au seul motif que le sujet n’est pas en phase avec les choix politiques du maire”. Elle rappelle que la création artistique est protégée par la loi de 2016, qui impose aux collectivités de respecter la programmation. Et elle ajoute une pique : “Au fond, en est-on vraiment surpris ?”

Malgré la polémique, l’espoir renaît. Le président du conseil départemental du Tarn, le socialiste Christophe Ramond, affirme que le spectacle pourrait être reprogrammé ailleurs dans le département. Il parle d’un “souhait très fort” et assure que le processus est en bonne voie. La ministre, elle, insiste sur l’essentiel : dans une démocratie, l’art doit pouvoir provoquer, déranger, et surtout ne pas être stigmatisé pour ce qu’il raconte.

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