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La Ligue des droits de l’Homme rompt avec sa branche calédonienne après 26 ans

Fini le compagnonnage. La LDH nationale coupe le fil qui la reliait depuis un quart de siècle à son antenne de Nouvelle-Calédonie, invoquant des…

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La Ligue des droits de l'Homme rompt avec sa branche calédonienne après 26 ans

Fini le compagnonnage. La LDH nationale coupe le fil qui la reliait depuis un quart de siècle à son antenne de Nouvelle-Calédonie, invoquant des désaccords qu’elle juge impossibles à surmonter sur la défense des libertés dans l’archipel.

Tout tient dans un courrier. Daté du 4 août 2026, il dénonce l’accord qui unissait les deux structures depuis le 29 septembre 2000. La LDH demande à sa branche locale de cesser d’utiliser son sigle, son nom et son identité visuelle, avec un préavis d’un mois. Sauf que les deux organisations ne lisent pas la même date sur le calendrier. Pour la LDH-NC, la séparation ne peut produire ses effets qu’au 29 septembre, jour anniversaire de la signature. Un dernier point de friction entre des partenaires qui ne parlent plus la même langue.

La brouille a un point de départ précis. En janvier, la CNCDH, instance nationale consultative des droits de l’homme, publie un avis sur la gestion par l’État de la crise insurrectionnelle de mai 2024. Le bilan est lourd, avec 14 morts et plus de deux milliards d’euros de dégâts. L’antenne calédonienne conteste publiquement plusieurs conclusions du texte. Elle pointe l’absence d’enquête sur de possibles « milices armées » loyalistes, mais aussi la place trop maigre réservée à la culture et aux langues kanak dans l’enseignement.

Nathalie Tehio, présidente de la LDH, y ajoute d’autres griefs. La LDH-NC a critiqué les recours engagés par l’organisation contre le blocage de TikTok, puis contre la prolongation des interdictions de manifester. Aux yeux de la présidente, sa branche locale a abandonné son rôle de contre-pouvoir et accorde trop systématiquement du crédit aux impératifs de sécurité mis en avant par l’État. Veiller au respect des droits humains, rappelle-t-elle, suppose de ne pas présumer que les autorités ont forcément raison.

De l’autre côté, Gérard Sarda refuse cette lecture. Le dirigeant de la LDH-NC estime que la LDH nationale a caricaturé la position calédonienne en la réduisant à un simple soutien à l’ordre public. Il se dit prêt à discuter, à reconnaître d’éventuelles erreurs, mais assure n’avoir eu affaire qu’à un partenaire bien décidé à couper les ponts. Selon lui, tout a été tenté pour éviter la séparation. L’association, forte d’environ 70 membres, poursuivra son activité sous une autre appellation. La crise de 2024 avait d’ailleurs déjà laissé des traces, avec la création par d’anciens membres en désaccord d’un Collectif pour les droits humains en Kanaky-Nouvelle-Calédonie.

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