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La DJ Barbara Butch chassée de la scène sous les insultes à Grenoble

Un concert du festival Cabaret Frappé a été stoppé net samedi soir par des militants propalestiniens. L’artiste juive, cible d’un appel au boycott de La…

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La DJ Barbara Butch chassée de la scène sous les insultes à Grenoble

Un concert du festival Cabaret Frappé a été stoppé net samedi soir par des militants propalestiniens. L’artiste juive, cible d’un appel au boycott de La France insoumise locale, a dû fuir sous les projectiles et les cris.

Samedi soir, le dancefloor du festival Cabaret Frappé à Grenoble a viré au chaos. Alors que Barbara Butch, figure des nuits LGBTQ+ connue pour sa participation à la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024, s’apprêtait à lancer ses platines, environ 150 militants ont envahi le pied de scène. Bandes dessinées palestiniennes, sifflets, doigts d’honneur et insultes ont remplacé l’ambiance festive. La raison de cette colère? L’artiste avait signé une tribune en soutien à une proposition de loi controversée, finalement retirée, visant à élargir le délit d’apologie du terrorisme. Un texte que ses opposants, dont l’antenne grenobloise de La France insoumise, accusaient de faire un amalgame dangereux entre les Français juifs et Israël.

L’atmosphère est vite devenue menaçante. Selon la mairie de Grenoble, des bouteilles en verre et d’autres projectiles ont été lancés directement vers la scène. Après une vingtaine de minutes sous pression, les organisateurs ont pris la décision d’arrêter le spectacle pour protéger tout le monde. Barbara Butch a quitté la scène sur « Imagine » de John Lennon, un symbole poignant. De son côté, Allan Brunon, élu insoumis à la mairie, a revendiqué sa participation à ce qu’il appelle une « manifestation pacifique », niant les jets de projectiles. Pourtant, l’élu n’en est pas à sa première polémique il avait déjà été filmé en mars en train d’insulter un homme de « sale tapette », une insulte homophobe qu’il a ensuite regrettée.

Les réactions politiques ont été immédiates et fermes. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a condamné une « agression intolérable », tandis que la Licra a dénoncé un « amalgame antisémite » qui consiste à tenir les personnes juives responsables de la politique d’Israël. Le festival a précisé que les installations électriques avaient aussi été sabotées. Pour Barbara Butch, ce n’est pas une première elle avait déjà subi un cyberharcèlement massif après les JO, une affaire qui s’était soldée par des peines de prison ferme pour quatre hommes. Ce samedi, c’est sur le terrain physique que la violence a frappé, relançant le débat sur les limites de la contestation politique et la liberté d’expression des artistes.

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