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La consommation bio repart en flèche, mais les terres agricoles bio fondent

Les Français remettent du bio dans leurs caddies en 2025, avec une hausse des ventes de 3,6%. Pourtant, les surfaces cultivées sans pesticides poursuivent…

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La consommation bio repart en flèche, mais les terres agricoles bio fondent

Les Français remettent du bio dans leurs caddies en 2025, avec une hausse des ventes de 3,6%. Pourtant, les surfaces cultivées sans pesticides poursuivent leur dégringolade, et l’objectif de 21% en 2030 s’éloigne.

L’effet inflation semble derrière nous. La consommation de produits bio a atteint 12,6 milliards d’euros en 2025, soit un bond de 3,6% par rapport à l’année précédente. Les rayons de la grande distribution repassent dans le vert, et même la restauration collective augmente ses achats de presque 7%. Ce rebond est porté par un regain d’attention aux enjeux de santé et de pesticides, selon l’Agence Bio. Mais il y a un hic. Ce sursaut d’achat ne se traduit pas par une extension des terres. Au contraire, la France a perdu 30 737 hectares de surfaces bio en 2025, après déjà deux années de baisse massive. Un recul qui semble s’enrayer, mais qui reste préoccupant.

Le nombre de fermes engagées dans le bio a lui aussi baissé pour la première fois, de 1,3%, pour tomber à 61 159 exploitations. Les déconversions massives observées depuis 2022, quand l’inflation a poussé les consommateurs à se détourner des produits plus chers, continuent de peser. Pourtant, les premiers mois de 2026 donnent un peu d’espoir. L’Agence Bio note une arrivée de nouvelles fermes bio plus importante que les années précédentes, notamment dans les grandes cultures et le maraîchage. Mais ces conversions prennent du temps, et la surface totale reste bloquée à 10% de la surface agricole française. L’objectif fixé par la loi est pourtant le double d’ici 2030.

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a réaffirmé son soutien au bio lors d’une visite de ferme en mai. Elle a débloqué cinq millions d’euros pour les mesures agro-environnementales, sur une enveloppe de 150 millions non dépensés faute de demandes de conversion. Un signal, mais pas une révolution. La restauration hors domicile, cantines publiques en tête, reste loin des 20% de bio attendus. L’Agence Bio, un temps menacée dans le budget, a vu ses missions confirmées pour 2026. Mais le chemin est encore long. Pour que le vrai retour du bio ne se limite pas aux caddies, il faudra que les champs suivent.

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