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Dubaï mise sur ses habitants pour sauver ses palaces désertés

Alors que la guerre éloigne les touristes étrangers, les hôtels de luxe de l’émirat se tournent vers les locaux. Réductions spectaculaires et staycations…

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Dubaï mise sur ses habitants pour sauver ses palaces désertés

Alors que la guerre éloigne les touristes étrangers, les hôtels de luxe de l’émirat se tournent vers les locaux. Réductions spectaculaires et staycations permettent de remplir les chambres… mais pour combien de temps ?

Sur l’île artificielle Palm Jumeirah, symbole de l’opulence de Dubaï, les halls des hôtels cinq étoiles s’animent surtout le week-end et les jours fériés. La raison est simple : les touristes internationaux se font rares depuis le conflit déclenché fin février entre Israël, les États-Unis et l’Iran. Alors, pour ne pas laisser les villas sur pilotis et les piscines à débordement vides, les établissements misent sur les habitants, Emiratis et expatriés. Ces derniers représentent 90% de la population et découvrent un luxe devenu soudainement accessible. Fadi Iskandarani, un médecin libanais installé à Dubaï depuis cinq ans, n’avait jamais osé poser ses valises dans un hôtel du Palm à cause des prix. Il vient d’y passer un week-end avec sa compagne pour quatre fois moins cher que d’habitude. Les étages fermés et l’ambiance un peu morne ne l’ont pas gêné. Pour lui, ce tarif réservé aux résidents transforme le rêve en réalité.

Les hôtels enchaînent les promotions, avec des réductions qui peuvent atteindre 50%. Michael Robinson, directeur de l’Anantara The Palm, constate que le samedi soir, le taux d’occupation dépasse souvent les 90%. Mais du lundi au jeudi, il tombe à 20 ou 30%. Les clients locaux viennent surtout en voiture, ce qui pose des défis de stationnement. Et surtout, ils ne restent qu’une ou deux nuits, contre une semaine ou plus pour les touristes étrangers. Cela change la donne : le chiffre d’affaires ne suit pas au même rythme. Pourtant, pour l’instant, l’hôtel reste bénéficiaire sans licencier, grâce à ces « staycations ». Mais ce modèle a ses limites.

L’été approche. En juillet, les vacances scolaires commencent et de nombreuses familles quittent Dubaï pour échapper à la chaleur. La demande de séjours locaux risque alors de chuter. Certains hôtels ont déjà anticipé en fermant pour rénover, comme le célèbre Burj Al Arab. D’autres ont dû réduire les effectifs ou les salaires. Un employé d’un établissement du centre-ville raconte que son salaire a été amputé de 40%. Un autre, dans un hôtel de luxe à Abou Dhabi, a été mis en congé sans solde deux mois avant d’être rappelé. Michael Robinson veut croire à un rebond rapide si un accord de paix se profile. Mais en attendant, Dubaï apprend à survivre avec ses propres habitants.

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