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Dix ans après l’attentat, l’hommage au père Hamel unit la France

Le 26 juillet 2016, le père Jacques Hamel était assassiné dans son église à Saint-Etienne-du-Rouvray. Dix ans plus tard, une cérémonie réunit habitants…

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Dix ans après l'attentat, l'hommage au père Hamel unit la France

Le 26 juillet 2016, le père Jacques Hamel était assassiné dans son église à Saint-Etienne-du-Rouvray. Dix ans plus tard, une cérémonie réunit habitants, élus et responsables politiques pour ne jamais oublier son message de paix.

Ce jour d’été 2016, rien ne laissait présager le drame. Dans la petite église de Saint-Etienne-du-Rouvray, le père Jacques Hamel célébrait la messe quand deux hommes armés ont fait irruption. Ils l’ont égorgé devant ses paroissiens. Les terroristes, âgés de 19 ans et liés au groupe État islamique, ont aussi grièvement blessé une autre personne avant d’être abattus par les forces de l’ordre. La nouvelle a secoué la France entière. Ce prêtre catholique, connu pour son travail de dialogue entre les religions, devenait malgré lui le symbole d’une violence aveugle qui frappait le pays en série.

Jacques Hamel n’était pas un inconnu dans sa ville. Né en 1930 à Darnétal, ordonné prêtre en 1958, il n’avait jamais pris sa retraite. Dans cette commune ouvrière de moins de 30 000 habitants, il était partout. Il célébrait les baptêmes, les mariages, les enterrements. Les habitants le croisaient au quotidien. Valérie Mainverte, une paroissienne, se souvient d’un homme « gentil comme tout, serviable, attentionné, à l’écoute ». Son assassinat a laissé une trace profonde, mais pas de haine. Au contraire, la ville a tenté de transformer cette douleur en message de fraternité. Un dossier pour sa béatification a été déposé au Vatican en 2019 et est toujours en cours d’examen.

Ce dimanche, une messe sera célébrée dans l’église même où il a été tué, à 11 heures, présidée par le cardinal Jean-Marc Aveline. Le Premier ministre Sébastien Lecornu prononcera un discours en présence de François Hollande, président au moment de l’attentat. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, et le maire du Havre Édouard Philippe sont aussi attendus. La ville a mis en place une exposition et une campagne d’affichage pour rappeler son message. Le maire Joachim Moyse évoque le « réveil des souffrances » mais aussi « l’envie de dépasser ces souvenirs douloureux ». Il insiste sur le traumatisme de l’État républicain et la nécessité de protéger tous les cultes. Dans les rues, les commerçants comme Christelle Jego constatent que l’attentat n’a pas divisé les communautés chrétienne et musulmane. Preuve de cette résilience, une amitié inattendue est née entre Roseline Hamel, la sœur du prêtre, et Nassera Kermiche, la mère d’un des terroristes. Elles ont même écrit un livre ensemble, « Sœurs de douleur ». La justice a depuis condamné plusieurs complices, dont un propagandiste de l’EI à la perpétuité par contumace. Mais à Saint-Etienne-du-Rouvray, on préfère regarder devant. « Le père Hamel et la mosquée étaient très proches, il y avait déjà du lien entre les habitants », raconte Christelle Jego. « L’attentat n’a rien changé. »

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