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Des digues napoléoniennes balayées par les eaux, une facture à huit millions d’euros
Dans le Lot-et-Garonne, les crues historiques de février ont pulvérisé plus d’un kilomètre de digues. Aujourd’hui, les communes doivent reconstruire en…


Dans le Lot-et-Garonne, les crues historiques de février ont pulvérisé plus d’un kilomètre de digues. Aujourd’hui, les communes doivent reconstruire en urgence, mais l’addition est salée.
Le chantier est titanesque. Chaque jour, vingt-cinq camions déversent près de deux mille tonnes d’argile spéciale sur les berges de la Garonne. Objectif colmater les brèches ouvertes par les inondations de février, les plus violentes depuis vingt ans dans le secteur. À Sénestis, village proche de Marmande, une faille de cent quarante mètres s’est formée dans un ouvrage datant du Second Empire. Sous la pression du fleuve et la remontée des nappes phréatiques, la digue historique n’a pas résisté.
Le remède est à la hauteur des dégâts. Les techniciens utilisent une argile qui sèche moins vite et forme une barrière plus étanche. « Elle fait moins éponge, c’est plus solide », explique un agent local. Mais ce n’est pas tout. Neuf digues ont cédé sur un total de 1,4 kilomètre, touchant vingt communes reconnues en état de catastrophe naturelle. Cinq cents habitants ont dû être évacués et une exploitation agricole sur cinq a subi des pertes. À Villeton, une seule digue s’est brisée sur deux cent cinquante mètres.
Le coût total des réparations est estimé à huit millions d’euros. Une somme que la communauté de communes du Val de Garonne peine à rassembler. Sa taxe dédiée à l’entretien des digues ne rapporte qu’un million par an. Les inondations de 2021 avaient déjà laissé une ardoise de six millions. « Nous n’avons pas les moyens », reconnaît un élu local. L’intercommunalité espère des aides de l’État, de la Région et de l’Agence de l’eau, mais rien n’est encore garanti. Sans soutien, elle devra emprunter. Les travaux doivent durer jusqu’à l’automne et la vigilance reste de mise car la plaine est inondable sur plusieurs kilomètres, avec treize mille hectares de zones agricoles et quatre-vingt-deux sites sensibles. Une maraîchère de Sénestis, qui a perdu ses serres de fraises sous l’eau, résume l’attente de tous. Elle espère que la digue reconstruite tiendra longtemps.
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