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Condamnée à mort, Sheikh Hasina jure de revenir au Bangladesh

Deux ans après sa fuite en Inde, l’ancienne dirigeante ne baisse pas les bras. Elle assure que son peuple l’appelle, mais ses adversaires la défient de…

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Condamnée à mort, Sheikh Hasina jure de revenir au Bangladesh

Deux ans après sa fuite en Inde, l’ancienne dirigeante ne baisse pas les bras. Elle assure que son peuple l’appelle, mais ses adversaires la défient de venir.

Sa voix est celle d’une femme âgée, fragile. Mais Sheikh Hasina, 78 ans, n’a rien perdu de sa combativité. L’ex-Première ministre du Bangladesh vit en Inde depuis qu’elle a fui son pays en hélicoptère, il y a deux ans. Condamnée à mort en novembre 2025 pour avoir fait réprimer le soulèvement qui l’a renversée, elle clame son innocence. Ses adversaires, eux, la présentent comme l’incarnation du mal. Elle promet de revenir, malgré les menaces. « Je peux être tuée, arrêtée, envoyée en prison. Ils peuvent même tenter d’exécuter ma peine, mais je veux rentrer car mon peuple m’appelle. » Elle assure être pleinement consciente de son sort et n’avoir posé aucune condition à son retour.

Ce discours intervient alors que ses partisans se préparent à marquer les deux ans de son exil. Un rassemblement intitulé « Le retour de Sheikh Hasina » doit se tenir à New Delhi, et elle doit y prendre la parole par téléphone. Pour les analystes, cette promesse tient du calcul politique. Elle lui permet de rester une figure incontournable, de garder ses partisans mobilisés et de tenter de faire revivre la Ligue Awami, ce parti interdit qui a dominé la scène politique du pays. Un cadre de la formation, qui s’exprime sous le couvert de l’anonymat, dit croire en sa sincérité. « Elle se sent obligée, car les militants du parti sont arrêtés en masse alors qu’ils n’ont commis aucun crime. » D’anciens alliés, eux, jugent cette promesse égoïste. « L’idée qu’elle reviendrait pour le bien du parti est absurde », lance l’un d’eux.

Côté pouvoir, on ne veut pas d’elle. Le Premier ministre Tarique Rahman, vainqueur d’élections disputées sans la Ligue Awami, voit dans ce retour un risque d’instabilité. Un universitaire estime qu’aucun gouvernement ne peut accepter une telle situation, pas même si Hasina revenait directement de l’Inde pour aller en prison. « Son retour va créer une instabilité politique », avertit-il. Le conseiller du chef du gouvernement répond sans détour. « Nous voulons son retour, qu’elle revienne, s’il vous plaît. Nous avons écrit à l’Inde. Nous sommes prêts à garantir la justice. »

Derrière cette confrontation, c’est aussi un jeu diplomatique qui se joue entre l’Inde et le Bangladesh. Les deux voisins tentent de se rapprocher, mais l’ancienne dirigeante reste un point de friction. Le Bangladesh réclame son extradition à plusieurs reprises. New Delhi se contente d’affirmer que la demande suit la procédure judiciaire et que le gouvernement n’est pas impliqué dans cette affaire. Certains esprits critiques y voient une pression discrète de l’Inde sur son voisin.

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