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Bordeaux s’endette à 413 millions, le spectre de la mise sous tutelle

La dette de la ville a bondi de 64% en six ans. Le nouveau maire alerte sur une situation intenable.

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Bordeaux s'endette à 413 millions, le spectre de la mise sous tutelle

La dette de la ville a bondi de 64% en six ans. Le nouveau maire alerte sur une situation intenable.

La ville de Bordeaux est dans le rouge. Sa dette est passée de 252 millions d’euros en 2019 à 413 millions cette année, soit une explosion de 64% en six ans. Un chiffre qui a de quoi faire tousser, même pour une grande métropole. Le nouveau maire, Thomas Cazenave, ancien ministre délégué aux Comptes publics, a commandé un audit au cabinet EY pour comprendre l’ampleur des dégâts. Résultat, il parle d’une « dette historique » et « intenable ». Et il prévient : si la municipalité ne parvient pas à équilibrer son budget, elle risque une mise sous tutelle par la préfecture. Concrètement, cela signifierait que Bordeaux perdrait sa souveraineté financière, avec des décisions imposées depuis Paris.

Derrière ces chiffres, un conflit politique éclate. Thomas Cazenave accuse l’ancienne majorité écologiste, menée par Pierre Hurmic, d’avoir caché la dégradation des finances. Il affirme avoir reçu un « courrier d’alerte » de la direction générale des finances publiques. Les anciens élus, aujourd’hui dans l’opposition, ne l’entendent pas de cette oreille. Ils défendent leurs investissements massifs : végétalisation des cours d’école, 70 000 arbres plantés, panneaux solaires sur 52 bâtiments municipaux. Ils assurent que ces dépenses étaient une « nécessité » face aux urgences climatiques, surtout quand Bordeaux subit des canicules à plus de 40°C. Pour eux, le nouveau maire prépare un terrain d’austérité en dramatisant la situation.

La suite s’annonce tendue. Thomas Cazenave promet des « économies » mais renvoie les décisions concrètes à un budget rectificatif en 2026, puis au budget 2027. En attendant, les Bordelais risquent de voir leurs services publics réduits ou leurs impôts locaux augmenter. Une chose est sûre, la ville au vin et à la pierre dorée va devoir faire des choix douloureux. Et le débat entre urgence climatique et équilibre budgétaire n’a pas fini d’enflammer l’hôtel de ville.

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