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L’été infernal coûte des centaines de milliards à l’Europe et le pire reste à venir

Les vagues de chaleur de cet été ne sont pas un simple phénomène météo. Elles laissent l’Europe avec des pertes économiques massives et des questions…

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L’été infernal coûte des centaines de milliards à l’Europe et le pire reste à venir

Les vagues de chaleur de cet été ne sont pas un simple phénomène météo. Elles laissent l’Europe avec des pertes économiques massives et des questions existentielles.

Cet été, l’Europe a compris que le changement climatique ne frappe plus dans un futur lointain. Les températures records et la sécheresse inédite ont mis l’électricité, le transport fluvial et la santé publique sous tension. Les incendies ont ravagé des forêts comme jamais. Le bilan humain est lourd, avec des dizaines de milliers de morts, dont plus de dix mille en Allemagne. Côté portefeuille, les économistes chiffrent déjà les dégâts en centaines de milliards d’euros. Et ils avertissent que ce n’est qu’un début.

Les cultures tardives, comme le maïs et le tournesol, ont perdu 6 à 7% de leur rendement en juillet. Le Rhin et le Danube, ces grandes routes fluviales du commerce, sont devenus difficiles à naviguer à cause des bas niveaux d’eau. En Allemagne, l’arrêt du trafic sur le Rhin pourrait faire perdre 0,3 point de PIB au pays cette année, selon certaines banques. En Hongrie, chaque semaine d’arrêt de la plus grosse centrale nucléaire nationale coûterait 0,1 point de croissance. Les dépenses d’urgence, entre lutte contre le feu et restrictions d’électricité, pèsent aussi sur les budgets.

Les régions du sud voient leur modèle touristique vaciller. Les estivants préfèrent déjà rejoindre des destinations plus fraîches au nord. L’hôtellerie et la restauration retiennent leur souffle. Les prix alimentaires, eux, flambent sous l’effet des mauvaises récoltes. Une canicule comparable à celle de 2022 avait poussé l’inflation de la zone euro à la hausse de 0,34 point. Le manque d’eau pour transporter le carburant accentue les inégalités de prix entre pays.

Les finances publiques sont prises en étau. La production qui ralentit fait chuter les rentrées fiscales, avec des pertes estimées à 1,8% en France et 1,3% en Italie et en Espagne. Les bénéfices des entreprises diminuent, freinant leurs investissements. Les États doivent en même temps financer les urgences et moderniser les infrastructures électriques ou de transport. Mais les dettes sont déjà énormes et les priorités s’empilent, de la défense à l’énergie verte. Des experts estiment que cette pression pourrait forcer la Banque centrale européenne à revenir racheter de la dette publique. Une décision lourde de conséquences.

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