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Face à l’AfD, ce patron allemand des énergies propres ne lâche rien

En Saxe-Anhalt, l’extrême droite est créditée de 41% des voix. Pourtant, Lars Gottschligg investit dans un centre d’énergie verte et parie sur le bon sens…

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Face à l'AfD, ce patron allemand des énergies propres ne lâche rien

En Saxe-Anhalt, l’extrême droite est créditée de 41% des voix. Pourtant, Lars Gottschligg investit dans un centre d’énergie verte et parie sur le bon sens des habitants.

En pleine campagne électorale, Lars Gottschligg aurait de quoi s’inquiéter. Dans son Land de Saxe-Anhalt, le parti ultranationaliste AfD pourrait décrocher plus de quatre voix sur dix au scrutin du 6 septembre. Mais ce patron d’une entreprise d’énergies renouvelables garde son sang-froid. Il a racheté un bâtiment laissé à l’abandon pour en faire un site de production et de stockage d’énergie, avec des centres de données et des bornes de recharge pour voitures électriques. Ce lieu, dit-il, est passé de la désuétude à un avenir prometteur.

Comment expliquer un tel succès dans cette région ? Les experts avancent des causes économiques et démographiques. Trente-six ans après la réunification, l’est de l’Allemagne reste marqué par un exode des jeunes diplômés, une main-d’œuvre qualifiée rare et des revenus plus bas qu’à l’ouest. Dans des Länder comme la Saxe-Anhalt ou le Mecklembourg-Poméranie occidentale, la population vieillit et diminue. Le PIB par habitant y plafonne à environ 76% de la moyenne nationale. Les habitants ont le sentiment que leurs problèmes sont ignorés par une classe politique perçue comme trop ancrée à l’ouest. C’est ce terreau qui nourrit l’AfD, davantage que la question migratoire.

Les économistes préviennent pourtant que voter pour l’AfD serait contre-productif pour ces régions. Si le parti mettait en œuvre ses promesses, comme la sortie de l’euro et de l’Union européenne, l’arrêt de l’immigration ou la baisse des dépenses publiques, la Saxe-Anhalt perdrait environ 1.600 euros de revenu annuel par habitant et quelque 10.000 emplois. Marcel Fratzscher, président de l’institut DIW Berlin, résume le paradoxe en disant que ceux qui se plaignent le plus seraient les premiers à souffrir de leurs choix. De son côté, le vice-président de l’AfD en Saxe-Anhalt, Hans-Thomas Tillschneider, rejette ces projections et promet une chute spectaculaire des coûts de l’énergie, notamment en supprimant les taxes sur le CO₂ et en levant les sanctions contre la Russie. Pour Lars Gottschligg, ces discours ne changent rien à sa conviction. Les gens veulent un environnement sain et une énergie abordable, explique-t-il. Si les renouvelables sont rentables, même un gouvernement AfD ne pourra pas les ignorer.

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