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Barrages français le grand déblocage après quinze ans de blocage
L’Assemblée nationale s’apprête à voter une loi qui doit dégeler des milliards d’investissements dans l’hydroélectricité, la deuxième source d’électricité…


L’Assemblée nationale s’apprête à voter une loi qui doit dégeler des milliards d’investissements dans l’hydroélectricité, la deuxième source d’électricité du pays, en mettant fin à un conflit vieux de dix ans avec Bruxelles.
C’est un vote très attendu, presque une libération. Le Parlement doit adopter définitivement ce mercredi une proposition de loi qui promet de sortir l’hydroélectricité française de l’ornière. Depuis quinze ans, les investissements dans les barrages étaient paralysés par un contentieux juridique avec la Commission européenne. Résultat des lignes de haute tension dans le vide et des infrastructures vieillissantes qui n’attendaient qu’un signal pour être modernisées.
Concrètement, la France est en conflit avec Bruxelles depuis 2015 sur la position dominante d’EDF dans l’hydroélectricité, puis depuis 2019 sur le renouvellement des concessions. Les barrages appartiennent à l’État mais sont exploités par des opérateurs comme EDF et la Compagnie nationale du Rhône, sous des contrats qui arrivent à expiration. Normalement, l’UE exige une mise en concurrence à chaque renouvellement. Mais ni les députés, ni les syndicats, ni les exploitants, ni les citoyens n’en veulent. La solution trouvée après d’âpres discussions avec Bruxelles est un compromis technique délicat.
Le texte prévoit de remplacer le régime de concession par un système d’autorisation. L’État va racheter les concessions et indemniser les exploitants, qui paieront ensuite un droit d’occupation pour 70 ans. Mais pour calmer les exigences européennes de concurrence, une mesure fait débat. Au moins 40 % des capacités hydroélectriques du pays devront être mises aux enchères à des entreprises autres qu’EDF. La députée socialiste Marie-Noëlle Battistel, qui porte le texte, le reconnaît elle-même. Elle dit s’en être passée volontiers, mais que c’est le point d’équilibre nécessaire pour lever les contentieux. Elle assure que le prix d’enchère tiendra compte des coûts de production, pour éviter les erreurs de l’Arenh nucléaire qui imposait à EDF de vendre à perte.
Ce compromis ne fait pas l’unanimité. Le Rassemblement national s’abstiendra, dénonçant une privatisation déguisée et un quasi Arenh. Les insoumis voteront contre, estimant que le texte ne protège pas les barrages d’une privatisation. Les écologistes, eux, ont des réserves mais soutiennent le texte, conscients qu’il faut absolument débloquer la situation. En 2025, l’hydroélectricité représente la première source d’électricité renouvelable en France, juste après le nucléaire. Sans ce vote, les investissements resteraient gelés et les barrages continueraient à vieillir. Le texte promet de tourner la page de quinze ans d’impasse et d’ouvrir la voie à des milliards d’euros de travaux dans les vallées françaises.





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