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Au Cachemire, un mariage c’est d’abord un festin qui dure depuis des siècles
Au Cachemire sous administration indienne, les mariages ne se résument pas à une simple cérémonie. Ils sont un théâtre vivant où traditions culinaires…


Au Cachemire sous administration indienne, les mariages ne se résument pas à une simple cérémonie. Ils sont un théâtre vivant où traditions culinaires, artisanat et musique se mêlent pour faire vivre toute une communauté.
Le cœur de ces noces bat dans les cuisines. Depuis des générations, le « wazwan » est bien plus qu’un plat. C’est un rituel. Un festin à base de viande mijotée longuement à feu doux que l’on sert lors des grandes occasions. Ghulam Nabi Palo, chef qui supervise des équipes de dizaines de personnes à Srinagar, résume l’état d’esprit : « Nous ne faisons pas que cuisiner le wazwan, nous le vivons. » Pour lui et les siens, chaque mariage est à la fois un acte de dévotion et une source de revenus. Des commis aux cuisiniers en passant par les fournisseurs d’épices, des familles entières tirent leur subsistance de cette tradition transmise à la chaîne, de génération en génération.
Autour du banquet, une mosaïque de métiers s’active. Des décorateurs installent les lieux de réception. Des artistes tracent des motifs complexes au henné sur les mains et les pieds de la mariée. Et la musique, élément clé, est souvent assurée par des chanteuses et chanteurs transgenres. Ces artistes, que l’on appelle « kinnars » ou « hijras » en Asie du Sud, sont reconnus comme un troisième genre par la tradition, même s’ils restent confrontés à de graves discriminations au quotidien. Le mariage devient alors un espace où leur présence est non seulement acceptée mais célébrée.
Pour Bisma, chanteuse transgenre, se produire lors de ces fêtes est un moment précieux. « Chaque sourire dans la foule reflète ma fierté d’être reconnue », confie-t-elle. Derrière les plats généreux et les danses, ces unions racontent une histoire profonde. Celle d’une région où la survie des traditions passe par le travail de communautés entières, et où chaque festin, chaque note de musique, chaque motif au henné tisse un lien invisible entre le passé et le présent.





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