Société
Airbnb perd ses avantages fiscaux mais reste autorisé en France
La loi Le Meur, adoptée fin 2024, donne aux communes des armes inédites pour freiner la location touristique. Entre fiscalité durcie et nouveaux pouvoirs…


La loi Le Meur, adoptée fin 2024, donne aux communes des armes inédites pour freiner la location touristique. Entre fiscalité durcie et nouveaux pouvoirs locaux, l’objectif est de réguler, pas d’interdire.
Le marché des meublés de tourisme a explosé en France ces dernières années. Entre 2016 et 2021, le nombre de logements proposés sur ce type de plateformes est passé de 300 000 à 800 000. Résultat dans de nombreuses villes, le logement permanent s’est raréfié et les prix ont flambé. Face à cette pression, la loi Le Meur, promulguée en novembre 2024, a mis en place une série de freins. Le plus spectaculaire concerne la fiscalité. Jusqu’ici, les propriétaires qui louaient leur bien en meublé non classé profitaient d’un abattement de 50 % sur leurs recettes grâce au régime micro-BIC. Un vrai coup de pouce pour Airbnb. Désormais, cet abattement tombe à 30 %, avec un plafond de 15 000 euros par an. Les meublés classés, qui bénéficiaient d’un abattement exceptionnel de 71 %, voient eux aussi leur avantage réduit à 30 %, sauf s’ils respectent un classement touristique très strict. La location de courte durée perd ainsi une bonne partie de son attrait fiscal.
Un autre levier majeur, c’est l’obligation de performance énergétique. Les meublés touristiques doivent désormais fournir un diagnostic de performance énergétique (DPE). Le calendrier est le même que pour les locations classiques. Les logements classés F ou G seront progressivement exclus du marché. Cela va mécaniquement réduire l’offre disponible, surtout dans les zones où les biens sont anciens et mal isolés. Parallèlement, la loi donne un vrai pouvoir aux copropriétés. Elles peuvent désormais interdire les locations meublées de tourisme à la majorité des deux tiers. Concrètement, un immeuble entier peut bloquer ce type de locations d’un seul vote. Un changement profond dans la gestion des résidences.
Les maires aussi gagnent des outils supplémentaires. Ils peuvent réduire la durée maximale de location d’une résidence principale de 120 à 90 jours par an, et généraliser l’enregistrement obligatoire pour mieux contrôler les annonces. Mais attention, le législateur a été clair l’objectif n’est pas de supprimer Airbnb. La location touristique reste légale et utile à l’économie locale, surtout dans les zones touristiques. L’idée c’est de trouver un équilibre entre attractivité et droit au logement. Les élus peuvent agir finement, quartier par quartier, immeuble par immeuble, pour protéger les habitants sans tuer le tourisme. Une régulation sur mesure, pas un bannissement.
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