Culture
Axel Ganz, le bâtisseur de la presse magazine française, s’éteint à 88 ans
L’homme derrière Geo, Capital et Femme Actuelle n’est plus. Ce stratège de l’édition, surnommé « le tigre de papier glacé », laisse un héritage colossal…


L’homme derrière Geo, Capital et Femme Actuelle n’est plus. Ce stratège de l’édition, surnommé « le tigre de papier glacé », laisse un héritage colossal dans les kiosques français.
La famille d’Axel Ganz a annoncé sa disparition mercredi. Dans un message, son épouse, son fils et sa petite-fille saluent un mari, un père et un grand-père d’une immense générosité, dont la présence et la chaleur leur manqueront chaque jour. Pour la France, c’est une figure majeure de la presse qui s’en va. Un homme dont la vision et la passion ont marqué durablement le monde des médias.
Tout commence à la fin des années 1970. L’éditeur allemand Gruner + Jahr confie à ce journaliste né outre-Rhin une mission précise : adapter le magazine Geo au marché français. L’idée est simple, presque évidente. Un magazine d’images, de voyage et de nature, pensé pour traverser les frontières culturelles. Le pari fonctionne. Geo devient le socle de Prisma Presse, un groupe qui va rapidement s’imposer comme un leader de la presse magazine en France. Axel Ganz ne s’arrête pas là. Il lance Voici, Gala, Femme Actuelle, Capital. Il rachète aussi VSD. Chaque titre répond à une intuition plus qu’à un simple calcul marketing. « Tout produit journalistique est avant tout basé sur une intuition », disait-il en 2004.
Mais le numéro un de Prisma a aussi vécu l’arrivée fracassante d’Internet. Il voyait venir le choc avec lucidité. La grande question, expliquait-il en 2013, était de savoir si l’on arriverait à faire payer les médias numériques après avoir habitué les lecteurs à la gratuité. Il prédisait alors une purge du marché. Après son départ en 2005, le groupe a connu des bouleversements. En 2020, Prisma a été vendu par Gruner + Jahr à Vivendi, puis repris en main par un milliardaire conservateur. Depuis, plusieurs plans sociaux ont été annoncés. Le dernier, qui supprimerait 260 postes, soit 40 % des effectifs, est en cours de négociation. Une réunion du comité social et économique était prévue mercredi, jour de l’annonce de sa mort. Un étrange écho pour celui qui avait bâti un empire sur du papier glacé.
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