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Le monastère de Saint-Siméon panse ses plaies après treize ans de guerre en Syrie

Pour la première fois depuis le début du conflit en 2011, des archéologues ont pu fouler le sol du célèbre site byzantin du nord de la Syrie. Entre…

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Le monastère de Saint-Siméon panse ses plaies après treize ans de guerre en Syrie

Pour la première fois depuis le début du conflit en 2011, des archéologues ont pu fouler le sol du célèbre site byzantin du nord de la Syrie. Entre bombardements, pillages et séisme, le bilan est lourd mais l’espoir d’une renaissance pointe.

Des pierres effondrées autour du socle de la colonne, des arcs fendus et des murs en partie effondrés. C’est le spectacle qu’ont découvert des archéologues en visitant le monastère de Saint-Siméon, dans la province d’Alep. Ce site classé au patrimoine mondial de l’Unesco fait partie des « villes mortes » de Syrie, ces villages antiques hoy abandonnés. Pendant plus d’une décennie de guerre, le lieu est resté inaccessible. Il a servi de base militaire, a été bombardé, pillé et victime de fouilles illégales. En mai 2016, une frappe a été condamnée par l’Unesco. Et en février 2023, un violent séisme a encore fragilisé les arcs et les murs du monastère.

Sur place, la spécialiste franco-syrienne Micheline Kurdy a repris son carnet et son appareil photo pour « documenter » l’état des lieux. Ses conclusions sont contrastées. La partie sud-est du monastère a subi des « dommages irréparables ». En revanche, l’église principale est en bon état. Les habitations des moines sont restées intactes. Le site a perdu entre 30 et 40% de son intégrité, selon le directeur du site, Abdel Jalil Arabi. L’arc ouest s’est écroulé avec ses colonnes, et le socle de la fameuse colonne de saint Siméon est toujours là, mais ses vestiges sont dispersés. Les équipes espèrent les reconstituer.

Car ce lieu n’est pas un simple tas de pierres. Construit à la fin du Ve siècle, le monastère s’est développé autour de la colonne où le moine Siméon le Stylite vécut perché pendant quarante ans, consacré à la prière. À une époque charnière entre paganisme et christianisme byzantin, c’était un lieu de pèlerinage très prisé. Aujourd’hui, la France, impliquée dans l’archéologie syrienne depuis le début du XXe siècle, s’engage dans la restauration. Le chargé d’affaires français en Syrie, Jean-Baptiste Faivre, promet une coopération avec les autorités syriennes pour aider au développement touristique et économique du site. Des ONG comme l’Œuvre d’Orient et la Fondation Aliph sont aussi de la partie. L’objectif est clair : faire revenir un jour les pèlerins et les visiteurs dans ce lieu chargé d’histoire et de sens.

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