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Ces trésors du monde que l’Unesco veut arracher aux guerres et au climat

Châteaux médiévaux au Liban, site biblique en Cisjordanie, savane africaine menacée par les conflits et le réchauffement. Trois lieux pourraient être…

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Ces trésors du monde que l’Unesco veut arracher aux guerres et au climat

Châteaux médiévaux au Liban, site biblique en Cisjordanie, savane africaine menacée par les conflits et le réchauffement. Trois lieux pourraient être classés en urgence sur la liste du patrimoine en péril.

Réunis à Busan en Corée du Sud, les 196 États membres de l’Unesco examinent à partir de lundi une trentaine de nouvelles candidatures. Parmi elles, trois sites font l’objet d’une procédure d’urgence. Ils seront inscrits à la fois sur la liste du patrimoine mondial et sur celle des biens en péril. Deux d’entre eux se trouvent au Moyen-Orient. Le premier est le site archéologique de Sébastia, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Cette ancienne Samarie biblique attire depuis des années l’attention d’Israël pour son potentiel touristique. Le second regroupe cinq forteresses du Mont Amel, dans le sud du Liban. L’une des plus célèbres, la forteresse de Beaufort, date de l’époque des Croisades. Elle a été conquise fin mai par l’armée israélienne, qui l’avait déjà utilisée comme base pendant l’occupation du Sud-Liban jusqu’en 2000. Israël a quitté l’Unesco en 2017 mais reste membre du Comité du patrimoine mondial et signataire des conventions protégeant les biens culturels en temps de guerre.

Le troisième site urgent se trouve en Afrique. Le Soudan du Sud intègre pour la première fois la liste du patrimoine mondial avec les savanes de Boma-Badingilo. Cette zone immense de 37 500 km², située entre le Nil Blanc et la frontière éthiopienne, abrite la plus grande migration terrestre de mammifères au monde, notamment des antilopes. Mais le conflit persistant entre le gouvernement et les milices d’opposition, combiné au réchauffement climatique, menace gravement cet écosystème unique. Pour le directeur du Centre du patrimoine mondial de l’Unesco, Lazare Eloundou Assomo, ce classement n’est pas une sanction. Il permet de mobiliser des financements et de l’attention. « Le patrimoine permet aux communautés traumatisées par les conflits de revenir et de se reconstruire », explique-t-il.

D’autres sites pourraient rejoindre cette liste en péril. Tyr, l’ancienne cité phénicienne du sud du Liban, a été touchée par les bombardements israéliens. En Crimée, territoire ukrainien annexé par la Russie depuis 2014, la cité antique de Chersonèse Taurique subit des constructions illégales et des déplacements d’artefacts. Le lac Baïkal, plus grande réserve d’eau douce liquide au monde, souffre de la pollution, de la pression touristique, d’un projet hydroélectrique en Mongolie et de l’exploitation forestière. L’Unesco juge les mesures russes insuffisantes. L’an dernier, l’organisation alertait déjà sur les risques hydriques qui menacent près des trois quarts des sites du patrimoine mondial. Sur la cinquantaine de biens déjà inscrits en péril, la moitié l’est à cause des conflits. En parallèle, de nouvelles candidatures plus réjouissantes sont attendues, comme les plages du Débarquement allié du 6 juin 1944 en France, deux théâtres en Amazonie brésilienne ou le village tunisien de Sidi Bou Saïd.

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