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En Russie, faire le plein devient un parcours du combattant

Alors que l’Ukraine multiplie les frappes sur les raffineries russes, des files d’attente interminables apparaissent aux stations-service. Même dans ce…

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En Russie, faire le plein devient un parcours du combattant

Alors que l’Ukraine multiplie les frappes sur les raffineries russes, des files d’attente interminables apparaissent aux stations-service. Même dans ce pays producteur de pétrole, l’essence se fait soudainement rare.

Elena et Dmitri patientent dans leur voiture devant une pompe Lukoil. Ils viennent de passer cinq stations. Une seule avait encore du carburant. « Quelle horrible situation », lâche Elena. Le couple rentre de sa datcha vers Vologda, une ville située à plus de 400 kilomètres au nord de Moscou. Ils attendent depuis dix minutes, sans savoir s’il restera assez d’essence pour eux. Leur quotidien illustre une crise inédite dans un pays qui est pourtant l’un des plus grands producteurs de pétrole au monde. Jusqu’ici, le carburant y était abondant et bien moins cher que dans l’Union européenne.

Depuis le mois de juin, près de 90% des régions russes ont connu des pénuries ou un rationnement, selon un comptage de l’AFP basé sur les déclarations officielles et les médias locaux. À Vologda, certaines stations sont carrément fermées. Devant celles qui restent ouvertes, les conducteurs s’agglutinent en formant de longues files. Le gouvernement a réagi en interdisant d’abord l’exportation de certaines essences automobiles et carburants aviation. Puis la semaine dernière, la mesure a été étendue au gazole. Des limites sur le volume par automobiliste ont aussi été imposées. À Moscou et dans quelques régions, la situation semble s’être un peu calmée ces derniers jours. Les files d’attente se sont raréfiées dans la capitale. À Vologda, un automobiliste nommé Nikolaï constate que plusieurs stations ont rouvert et que les livraisons sont plus fréquentes, ce qui a réduit les queues.

Mais ces pénuries révèlent surtout la fragilité du secteur russe des hydrocarbures face aux frappes ukrainiennes. Un rapport de la société américaine Energy Intelligence, publié début juillet, estime que près de la moitié des 6,6 millions de barils par jour de capacité de raffinage russe a été mise hors service depuis fin février, au fil des attaques contre les structures énergétiques. L’Ukraine cible ces infrastructures en réponse aux bombardements russes qui tuent des civils, mais aussi pour couper une source de revenus qui finance la guerre. Vladimir Poutine tente de rassurer en affirmant que « la marge de sécurité du réseau énergétique russe est très élevée ». Pourtant, à 1 000 kilomètres du front, les habitants de Vologda subissent les conséquences directes du conflit. Dans son SUV, Iégor, un conducteur, répète la rhétorique officielle. « Ce sont vos alliés qui nous bombardent », lance-t-il. Sa femme ajoute que la Russie n’a jamais attaqué personne. La guerre, dit-il, c’est l’Ukraine et l’Europe qui la veulent. Eux, ils ne font que se défendre.

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