Monde
Venezuela des milliers de corps encore sous les décombres après le séisme
Trois semaines après les secousses, plus de 5000 morts sont dénombrés et 17000 personnes sont blessées. Sur place, des familles désespérées paient des…

Trois semaines après les secousses, plus de 5000 morts sont dénombrés et 17000 personnes sont blessées. Sur place, des familles désespérées paient des inconnus pour retrouver leurs proches ensevelis.
Le bilan ne cesse de grimper. Les autorités vénézuéliennes annoncent ce vendredi 5069 morts officiels, un chiffre encore provisoire. Les deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 ont frappé le nord du pays à seulement 39 secondes d’intervalle, dévastant notamment l’État de La Guaira, station balnéaire proche de Caracas. Près de 17000 blessés sont recensés, et selon l’ONU, le nombre de disparus pourrait atteindre 50000 personnes. Des centaines d’immeubles se sont effondrés ou sont devenus inhabitables, plongeant environ 20000 personnes dans la rue. Elles survivent aujourd’hui dans des camps de fortune installés sur des stades, des places publiques ou même sur les trottoirs.
Pour financer la reconstruction, Caracas a obtenu le déblocage de 346 millions de dollars du Fonds monétaire international. Cette somme était gelée depuis des années, car le FMI ne reconnaissait pas la légitimité de l’ancien président Nicolas Maduro. Après le renversement de ce dernier par une opération militaire américaine en janvier, les relations ont repris en avril. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, explique que cet argent servira à soutenir les familles touchées, notamment pour le logement, les infrastructures et les services publics essentiels.
Mais sur le terrain, l’aide tarde à arriver. À La Guaira, des parents et des bénévoles continuent de fouiller les ruines, au milieu des nuées de mouches. Certains louent des engins pour soulever des murs. Hildegar Mujica, un économiste de 60 ans, cherche son ex-épouse sous les dalles d’une tour de 12 étages. Il dénonce l’absence des autorités. « À aucun moment les organismes de l’État n’ont manifesté d’intérêt pour les corps », regrette-t-il. Selon lui, si une famille ne reconnaît pas un corps visible, il n’est pas pris en compte. Pourtant, Delcy Rodriguez avait promis début juillet que personne ne finirait dans une fosse commune.
Face à ce vide, des « taupes » sont apparues. Ce sont des particuliers qui, contre rémunération, aident les familles à récupérer leurs morts. Ils facturent jusqu’à 1300 dollars et opèrent dans la plus grande discrétion. Johan Torumo, un bénévole de 45 ans originaire de La Guaira, condamne cette pratique. « Nous n’avons même pas vu une meuleuse, rien », assure-t-il, critiquant le manque d’équipement du gouvernement. Il raconte qu’une fois le proche retrouvé, on lui met un simple sac poubelle noir. Une indignité de plus pour des familles qui, trois semaines après la catastrophe, attendent toujours de pouvoir enterrer leurs disparus dans la dignité.
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