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Le Japon préfère adopter des lointains cousins plutôt que de laisser une femme monter sur le trône
La révision de la loi sur la succession impériale vient d’être adoptée. Mais les femmes restent définitivement exclues du trône du Chrysanthème, malgré…


La révision de la loi sur la succession impériale vient d’être adoptée. Mais les femmes restent définitivement exclues du trône du Chrysanthème, malgré l’opinion publique très largement favorable à une impératrice.
Le Parlement japonais a validé une modification de la loi sur la maison impériale. Pourtant, l’interdiction faite aux femmes de devenir empereur a été maintenue. Les sondages montrent pourtant que plus de 70 % des Japonais soutiennent l’idée d’une souveraine. Le système actuel repose entièrement sur le prince Hisahito, 19 ans, neveu de l’empereur Naruhito. Si ce jeune homme n’a pas de fils, la lignée impériale, qui remonte mythologiquement à la déesse du soleil Amaterasu, s’éteindra tout simplement. Le Japon a connu huit impératrices par le passé, la dernière ayant régné il y a environ 250 ans, mais leur passage sur le trône était souvent temporaire.
Face à cette épée de Damoclès, le gouvernement a choisi une solution controversée. Le texte adopté autorise le retour dans la famille impériale de parents masculins éloignés, par le biais de l’adoption. Ces hommes doivent avoir plus de 15 ans et être célibataires. Ils appartiennent à onze branches de la famille impériale qui avaient quitté le registre après la Seconde Guerre mondiale. Leur ancêtre commun avec l’empereur actuel remonte au XVe siècle, soit près de 600 ans. Une autre mesure notable met fin à une pratique ancienne. Jusqu’ici, les femmes perdaient leur statut royal en épousant un roturier. La princesse Mako, nièce de Naruhito, avait ainsi dû quitter la famille en 2021 après son mariage. Désormais, les princesses pourront se marier sans perdre leur titre.
Cette réforme suscite de vives critiques. Un vétéran du parti conservateur au pouvoir, Seiichiro Murakami, a qualifié l’exclusion de la princesse Aiko, fille de l’empereur, de “tout à fait scandaleuse”. Un ancien membre de la famille impériale, Asahiro Kuni, 81 ans, a jugé irréaliste d’adopter des parents si lointains. Selon lui, il serait très difficile pour un adolescent de 15 ans, ayant grandi “dans l’air de la liberté”, de s’adapter à la vie au sein de la famille impériale. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Un sondage récent montre que seulement 23 % des Japonais sont favorables à ce que les fils de ces membres réintégrés puissent devenir empereur, tandis que 34 % y sont opposés. En revanche, 40 % soutiennent l’idée d’un empereur issu d’une lignée maternelle. Hideya Kawanishi, professeur spécialiste du système impérial, estime que cette révision “ne reflète pas l’opinion publique”. Il pointe du doigt les calculs politiques du parti au pouvoir, qui chercherait à préserver une succession exclusivement masculine pour satisfaire sa base conservatrice. Selon lui, ces amendements risquent d’affaiblir le soutien du public à l’empereur symbolique, une institution déjà privée de tout rôle politique depuis 1947.
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